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Votre urine est analysée, même en haut du Mont-Blanc !

Vous vous échappez tranquillement en pleine nature. Idéal pour uriner à l’abri des regards. Les spécialistes diront : « pour un délit de miction ». Et bien non ! Même tout en haut du Mont-Blanc votre pipi est analysé. Je rêve, où bien dans nouveau monde tout est sujet d’analyse ? Le règne de la bigdata jusque dans votre slip !
 

Votre urine est analysée, même en haut du Mont-Blanc !

Cette (r)évolution nous la devons à quelques scientifique bien perchés à … 4 809 mètres sur le Mont-Blanc. Plus exactement à 3 615 mètres au refuge des Cosmiques et à 3845 mètres au Refuge du Goûter, bâtiment high-tech ouvert en 2013. C’est Paul Robach, chercheur en physiologie à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix qui a décidé d’analyser l’urine en la collectant dans ces deux refuges : « Il y avait beaucoup de rumeurs sur la prise de médicaments par les alpinistes : pour se doper, pour augmenter leurs performances. Mais il n’y avait pas de données objectives sur la situation ». 430 échantillons d’urine ont ainsi été collectés par des urinoirs high-tech puis descendus par hélicoptère pour être analysé par l’agence française de lutte contre le dopage et le laboratoire anti-dopage de Rome. Et même si Sciences et Avenir titre « Un alpiniste sur trois prend des médicaments pour gravir le Mont-Blanc », il n’y a rien de surprenant dans l’étude.

Publié en mai 2016, dans la revue Plos One les résultats montrent que 35,8 % des échantillons contrôlés indiquent la prise d’au moins un médicament. Avant tout des diurétiques pour 22,7 % des cas et des hypnotiques pour 12,9 %.  Ce dernier, un somnifère, est utilisé par les alpinistes qui dorment mal en refuge et les diurétiques (comme l’acétazolamide) aident à éviter le mal aigu des montagnes. Point (ou rarement) de corticoïdes ou de stimulants, véritables dopants. 

Alors les scientifiques de l’étude élargissent leur analyse au-delà des produits dopants (non) utilisés comme l’explique LeMonde.fr :  « Les chercheurs soulignent aussi que les recommandations médicales conseillant l’utilisation de l’acétazolamide en cas d’ascension rapide en haute altitude incitent probablement certains alpinistes à y recourir -ce qui est justifié dans certains cas-, mais ils se montrent sceptiques quant à sa réelle efficacité lors d’un gain d’altitude très important comme celui qu’impose l’ascension du Mont-Blanc. Ils s’inquiètent également de la prévalence d’hypnotiques susceptibles d’altérer la vigilance et donc d’affecter la sécurité dans cet environnement isolé ». 

 

Crédit Photo : Гора via photopin (license)