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Une Médocaine au New York Times

Saskia R., jeune journaliste de 28 ans dont la famille possède une exploitation viticole dans le Médoc, a travaillé comme journaliste reporter pour le journal américain New York Times pendant 3 ans. Actuellement pigiste à Paris, elle reste toujours en relation avec le quotidien new-yorkais. Travaillant exclusivement en anglais, ses articles sont généralement ciblés sur la politique et les conditions sociales. Elle nous livre son point de vue sur le métier de journaliste ainsi que sur son expérience à Abidjan où elle est restée en mission pendant 6 mois. 

Une Médocaine au New York Times

As-tu toujours voulu devenir journaliste ? Pourquoi ?

En fait, j'ai toujours voulu écrire des livres mais je me suis rendu compte qu’un bon moyen d’écrire et d’avoir un bon travail, c'est d’être journaliste. Aujourd’hui je le suis et j’écris des livres.

 

Qu’as-tu fait comme études ?

J’ai fait un bac et une prépa littéraires car j'ai toujours beaucoup aimé les Lettres et après j’ai obtenu un master en journalisme aux États-Unis.

 

Quelles sont les qualités nécessaires pour être journaliste ?

Je pense qu'il faut être très curieux, très curieux des cultures différentes parce que tu dois tout le temps apprendre des choses sur des mondes que tu ne connais pas. Il faut être très débrouillard car tu dois voyager dans des endroits inconnus. Tu dois approcher et parler avec des nouvelles personnes. Tu dois prendre des risques, être très observateur, savoir cerner, dans des situations particulières, tout ce qui se passe y compris les petits détails. Moi je prends des photos qui me permettent d’avoir un œil original et nouveau lors des reportages que je rédige.

 

Quelles sont tes conditions de travail ?

Dans le journalisme, la nécessité de beaucoup voyager présente un côté intéressant. C’est un travail qui peut changer du jour au lendemain et qui peut avoir un aspect instable quand tu es en free-lance par exemple. Cela veut dire que tu es payé uniquement au moment de la production des reportages. Donc, dans ce cas-là, tes revenus sont plus aléatoires.

 

Quand tu écris des articles, sont-ils quelquefois refusés par le journal ?

Le journal refuse plus les propositions d’idées nouvelles que les articles fournis. Quand j’étais en poste à Abidjan par exemple, je leur ai proposé des sujets mais le journal a une ligne éditoriale. Moi j’écris pour un journal qui est américain. Donc ils ont un point de vue américain sur les choses et souvent certains sujets ou thèmes qui moi m’intéressent ne les concernent pas du tout.

 

Est-ce que tu as une anecdote à nous raconter ?

Je peux te raconter une anecdote intéressante sur le dernier article que j’ai écrit sur la prison d’Abidjan. L’article porte sur un prisonnier qui a fomenté une révolte carcérale. Les gardes ne pouvaient plus rentrer. Il avait demandé à d’autres détenus d’être ses lieutenants. Ils gardaient la prison, sans que personne ne puisse rentrer ou sortir. Je devais l’amadouer pour qu’il accepte de me laisser rentrer. J’y suis finalement parvenue. Peu à peu, ils m’ont acceptée et le prisonnier « responsable » m’a prise sous son aile, je savais donc qu’il me protégeait et qu’il ne pouvait rien m’arriver. Cependant, c’était assez dangereux car j’étais entourée de criminels. Tu leur demandes « Et toi pourquoi es-tu en prison ? Ils te répondent : « Ah parce que j’ai tué 3 personnes, parce que j’ai braqué une banque … ». Au fur et à mesure, j’étais assez à l’aise là-bas et du coup j’ai écrit tout le reportage. Le jour où je l’ai rendu au journal, le prisonnier en question, qui gérait la prison, a été tué par les gardes.

 

Comment peut-on devenir journaliste quand on vient de la campagne comme le Médoc par exemple ?

Je pense que quand on vient du Médoc, il faut commencer à écrire sur le monde qui est autour de soi, justement en apportant un œil nouveau et ouvert sur des choses intéressantes. Venir de la campagne n’est pas un problème. Des journaux comme Sud-Ouest sont les plus lus en France. La presse locale est importante et il y a un vrai intérêt pour celle-ci. C’est en commençant dans un journal local qu’on peut acquérir de l’expérience et évoluer.

 

Accéder à l'enregistrement sonore de l'entretien : 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tom Fischer

Article et photos réalisés par les élèves du collège Jules Chambrelent d'Hourtin dans le cadre de leur projet "Un lieu : des hommes, des métiers".