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Un système de réglage aquitain embarqué dans l'ISS par la Nasa

Entre optique et chimie, la société Argolight à Pessac a créé un système de réglage de microscope tellement performant qu'il a été repéré par la NASA. Et embarqué à bord de la station spatiale internationale (ISS).

L'astronaute américaine Peggy Whitson travaille sur le module de microscope léger embarqué à bord de l'ISS et désormais équipé d'un système de contrôle des réglages français

Où que vous soyez sur la planète, il y a forcément un petit morceau d'Aquitaine qui vous passe au dessus de la tête à intervalle régulier : les microscopes à fluorescence de la Station Spatiale Internationale sont réglés grâce à un système développé par la société Argolight, située à Pessac.
C'est au mois d'avril dernier qu'ils ont été embarqués, un an et demi après que la NASA eût contacté la petite entreprise, née voici 5 ans et issue de l'Université de Bordeaux. Et, aussi étonnant que cela puisse paraître quand on pense à ce monde de technologie de pointe que représente l'agence spatiale américaine, c'est tout bêtement en cherchant un profil de produit très précis sur Google qu'elle a dégoté la perle rare, ici.

 

Pour le profane, le système imaginé par Argolight peut sembler évident mais il est en réalité techniquement bien plus complexe qu'il n'y paraît.
Pour résumer, la société conçoit des mires qui servent à étalonner, en 2 D comme en 3D, les microscopes à fluorescence dont on se sert majoritairement dans le domaine des sciences de la vie. Ceci parce que les cellules vivantes ont une fluorescence naturelle et que l'on peut les teindre en fluo pour une image plus nette.

 

Outils de réglage stable à l'échelle nanométrique

 

La performance d'Argolight a été d'intégrer à une plaque de verre des structures fluorescentes artificielles et rigoureusement stables et ce à l'échelle nanométrique. La régularité des figures permet à un outil logiciel de repérer les éventuels défauts de réglage du microscope. Jusqu'alors, les seuls outils de réglage de la fluorescence étaient organiques et donc instables par nature, ce qui empêchait une régularité de l'analyse. Ce mélange de travail chimique (la création de structures fluorescentes) et optique (leur inclusion dans une plaque de verre) a permis à Argolight de se développer régulièrement depuis cinq ans et donc d'acquérir une maîtrise suffisante pour créer un matériel intéressant la NASA.

 

Il ne lui d'ailleurs pas été nécessaire de modifier profondément ses systèmes habituels : « Lorsque les personnes de la NASA nous ont fait la liste de leurs exigences, on s'est rendu compte qu'elles correspondaient presque toutes à nos produits standards » souligne Gautier Papon, co-créateur d'Argolight.

Il a seulement fallu l'adapter à la taille des appareillages embarqués sur l'ISS. Où, à trois jours près, ils auraient pu croiser Thomas Pesquet pour maintenir une présence française dans l'espace.