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Santé : les cas de démences seraient en baisse

Les autorités prévoient une explosion du nombre de cas de démence chez les personnes âgées pour les prochaines décennies. Mais une nouvelle étude menée notamment par des scientifiques bordelais montre que le taux d’apparition de nouveaux cas semble diminuer. Elle encourage à mieux prévenir la maladie pour l’éviter ou retarder son apparition. Explications.

Les autorités prévoient une explosion du nombre de cas de démence chez les personnes âgées pour les prochaines décennies. Mais une nouvelle étude menée notamment par des scientifiques bordelais montre que le taux d’apparition de nouveaux cas semble diminuer. Elle encourage à mieux prévenir la maladie pour l’éviter ou retarder son apparition. Explications.

Mieux vaut prévenir que guérir ! Cet adage vaut également pour les démences comme Alzheimer et les maladies apparentées. Une étude franco-américaine publiée le 11 février 2016 dans le New England Journal of Medicine vient en effet de montrer que certains cas de démence pourraient être retardés voire évités. Cette bonne nouvelle vient contredire les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les futures décennies : l’OMS, qui estime à 47,5 millions le nombre de personnes dans le monde atteintes de démences, en prévoit 75,6 millions en 2030 et 135,5 millions en 2050. En France, 900 000 personnes seraient atteintes de la maladie d’Alzheimer et 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Pour aboutir à leurs conclusions plus rassurantes, les chercheurs de l’Université de Bordeaux et de l’Université de Boston qui ont participé à l’étude se sont appuyés sur l’une des plus grandes et plus anciennes cohortes, l’étude de Framingham. Dans cette petite ville proche de Boston (dans le Massachussetts, aux Etats-Unis), les habitants volontaires et leur descendance sont suivis depuis 1947. L’objectif initial était d’évaluer l’effet du cholestérol sur les maladies cardiovasculaires comme l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou l’infarctus du myocarde. Puis, à partir de 1975, les participants ont aussi été surveillés sur l’apparition d’une démence. 

Une réduction de 20 % observée chez les personnes "éduquées"

 


En s’appuyant sur ces données, les scientifiques ont étudié le taux d’apparition de nouveaux cas de démence sur trois générations, soit 5 205 personnes de plus de 60 ans. « Nous avons observé une baisse de 20 % environ du nombre de nouveaux cas depuis le début de l’étude, indique Carole Dufouil, épidémiologiste, directrice de recherche à l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement (ISPED) à Bordeaux et co-auteur des travaux. Cela signifie que les participants vus dans les années 2000-2009 ont 20 % de risques en moins de souffrir de démence que leurs ascendants vus au début de l’étude. »
Petits bémols cependant : cette réduction du risque n’a été observée que chez les personnes ayant un niveau d’études supérieur au brevet des collèges ; la baisse était plus prononcée pour les démences vasculaires (-30 %), qui surviennent après un AVC, que pour la maladie d’Alzheimer (-10%).

Moins d'hypertension, de cholestérol, de diabète et plus de stimulations cérébrales?

 


A quoi cette baisse est-elle due ? « Il y a une meilleure prise en charge du diabète, de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie, autant de facteurs de risques des démences, explique Carole Dufouil. Et peut-être que la stimulation intellectuelle, notamment avec Internet, est meilleure… Il reste néanmoins d’autres pistes à explorer comme l’activité physique et la nutrition. »
Par ailleurs, « nous devons rester prudents, prévient la chercheuse, car la population de Framingham est essentiellement de type caucasienne. Elle ne représente pas l’ensemble de la population américaine, notamment afro-américaine, qui possède davantage de facteurs de risques cardiovasculaires et un moins bon accès aux soins. »
Les auteurs préviennent aussi qu’en raison du vieillissement de la population, le nombre total de personnes atteintes de démence ne diminuera peut-être pas dans un avenir proche. En outre, « nous allons peut-être perdre le bénéfice observé en raison de l’obésité croissante », met en garde la scientifique.
Actuellement, il n’y a pas de vaccin préventif ni de traitement efficace pour guérir Alzheimer. Mais on peut prévenir la maladie. Reste à trouver comment, un peu plus précisément.

Florence Heimburger

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