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Réchauffement climatique : un Bordelais au chevet des forêts

Chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) Bordeaux Aquitaine, Sylvain Delzon étudie, entre autres, la réponse des arbres au réchauffement climatique. Ses travaux avant-gardistes et à portée mondiale lui ont valu de remporter le laurier « Espoir scientifique » 2015 de l’Inra. Portrait d’un scientifique polyvalent.

A part son prénom, rien ne prédestinait Sylvain Delzon à s’intéresser aux arbres (en latinsilva désigne la forêt). Né d’un père agriculteur, il était davantage passionné par les grandes cultures et… les tracteurs. Il en possède d'ailleurs 3 ! Après une enfance passée à Agen, le Gascon s’est lancé dans des études en physiologie végétale à Bordeaux puis à Paris pour son master. Là, il a planché sur la résistance du maïs, du tournesol et autres au stress hydrique. « Un domaine déjà bien connu », précise-t-il. Du coup, Sylvain Delzon s’est orienté vers les arbres, moins étudiés. Il a soutenu une thèse sur le pin maritime, réalisé un premier post-doctorat en écologie évolutive au laboratoire Biogeco de l’INRA Bordeaux puis un autre à l’Université de Montana (Etats-Unis), où il a découvert les Rocheuses.

 

Une machine unique au monde

 

C’est à ce moment-là que « je suis tombé amoureux des forêts », se souvient-il. Nommé maître de conférences à l’Université de Bordeaux en 2005, il obtient six ans plus tard un poste de chercheur au laboratoire Biogeco. En 2012, il co-signe dans la prestigieuse revue scientifique Nature un article qui fera grand bruit, aux conclusions peu rassurantes : ledépérissement massif des arbres à travers le monde serait lié au réchauffement climatique. Des résultats obtenus à l’aide d’un appareil étonnant : le cavitron, mis au point par Hervé Cochard, chercheur à Clermont-Ferrand, et que Sylvain Delzon et ses collègues ont amélioré. « Baptisé MégaCavitron, le prototype permet de centrifuger des arbres à « vaisseaux longs » comme les chênes ou les espèces tropicales, et d’estimer en moins de 20 minutes, grâce à un logiciel, la vulnérabilité de l’arbre à la sécheresse », explique le co-concepteur de la machine. L’engin, qui attire des chercheurs des quatre coins de la planète, a déjà permis d’étudier la moitié des 620 espèces du globe.

Le MégaCavitron ©ChristopheMaître

Le milieu de la vigne intéressé

 

De telles études intéressent également le milieu de la vigne. « Nous avons déjà commencé, avec l’Institut des sciences de la vigne et du vin, à Villenave d’Ornon (33), à comparer différents cépages pour identifier les plus résistants à la sécheresse. Il y a des centaines de cépages, soit plusieurs années de travail ! », souligne Sylvain. 

Observer l'intérieur d'une plante sans la couper

 

Autre projet qui l’anime avec son équipe : « installer au labo un microtomographe à rayons X pour regarder à l’intérieur d’une plante sans avoir à la sectionner, observer son appareil vasculaire reconstitué en 3D, et voir comment la plante réagit à un stress hydrique ». Très coûteux, l’appareil permettrait néanmoins de faire d’ « immenses avancées », souligne le chercheur qui pourrait décrocher d’autres lauriers dans les années à venir.

Florence Heimburger

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