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Que deviennent les bouses de vache ?

La carte postale les met en scène dans leur pré normand, les pommiers en fleur, l’herbe haute. Mais, loin de la belle Marguerite broutant le champ voisin, la vache ou plutôt les  vaches par centaines sont accusées de tous les maux.

Que deviennent les bouses de vache ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Elles réchauffent l’atmosphère par le travail de leur système digestif. Bon, forcément, cela dédouane au passage les nombreuses activités humaines qui dégagent du CO2. Marguerite ne cause pas, elle meugle, alors, elle ne peut pas se défendre. En déféquant, pétant et rotant, la belle produit en effet du méthane. À sa décharge, tous les ovins et bovins émettent pas loin d’un cinquième des gaz à effet de serre de la planète. Le bien connu méthane mais aussi l’hémioxyde d’azote sont en effet bien plus dangereux que le CO2. Alors, avec 500 grammes de dégagement de méthane par vache et par jour, le cheptel français égale l’émission de CO2 de 15 millions de voitures par an. La vache pourrait donc devenir l’ennemi numéro un. Pour diminuer ces émissions, l’Inra a mis au point un régime alimentaire spécial pour abaisser l’apport en glucides que les vaches transforment en méthane lors de la digestion. Mais la bouse, elle, reste. En réalité, elle donne naissance à un véritable écosystème avant même d’avoir refroidi. Une fois tombée au sol, elle est colonisée en une poignée de secondes par de très nombreux coprophages. Le nom scientifique de toutes ces bébêtes qui vont se complaire dans cet amas.

 

Scatophage du fumier et mange-merde

La plus connue est évidemment la bien nommée mouche à merde ou, pour faire à peine moins imagé, le « scatophage du fumier ». La bouse est leur véritable lieu de vie. Les mâles, premiers à y arriver, s’en rassasient avant de sauter sur la première femelle qui arrive. Elle y donnera naissance à ses petits, qui trouveront là un nid douillet et nourrissant. Pas moins d’une trentaine d’espèces de diptères y élisent aussi domicile. Ils y côtoient les sepsidés, ces minuscules mouches qui arrivent là en essaim. Ou encore une centaine de coléoptères, comme les nombreuses espèces de bousiers, ces scarabées qui roulent des morceaux de bouses. Moins connu, la place attire certaines espèces d’abeilles, de papillons et un escargot… le mange-merde. Tout ce petit monde valorise cette bouse et y attire tous leurs prédateurs jusqu’aux oiseaux. C’est un vrai lieu de vie, qui, grâce à tous ces coprophages, met un an à disparaître au lieu de quatre.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Alexandre Marsat

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