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Quand art & neurosciences se rencontrent

L’artiste et plasticien bordelais Laurent Chiffoleau a transformé des images de neurosciences en images artistiques. Exposées lors du premier Festival Arts Créativité Technologie Sciences (FACTS) en novembre 2015, ses œuvres sont présentées le 15 et 16 octobre 2016 dans le cadre du Village des Sciences. L’occasion pour Cyourmag d'interroger l’artiste sur son oeuvre

Pourquoi vous êtes-vous intéressé au cerveau ?

Laurent Chiffoleau : Depuis longtemps j’avais envie de travailler sur cet organe central, sur la communication neuronale et sur le fonctionnement de la mémoire.

J’ai grandi en Amazonie, avec mes parents, des anciens paysans du Gers partis à l’aventure dans une tribu amérindienne Quechua. Là-bas, j’ai découvert le chamanisme, la nature, les contes et légendes de ces peuples primitifs. Récemment, je me suis rendu compte que leurs théories primitives rejoignaient un peu les découvertes scientifiques d’aujourd’hui comme par exemple celle selon laquelle notre ventre serait notre deuxième cerveau.

 En me penchant sur le cerveau, j’ai également voulu observer la perfection de la nature, la symétrie naturelle parfaite de cet organe et de montrer une autre réalité en créant de l’imparfait.
 

Comment avez-vous travaillé avec les chercheurs ?

J’ai rencontré une dizaine de chercheurs dans leur environnement de travail, leur laboratoire, afin qu’ils m’expliquent leurs travaux, me fassent découvrir leur univers, leur langage, leurs questionnements… A travers mon travail, j’ai aussi et surtout souhaité savoir pourquoi chaque scientifique menait ses recherches et me suis intéressé à l’histoire personnelle de chacun. J’ai voulu apporter une dimension émotionnelle et poétique à leur travail scientifique. Mes œuvres sont nées de ces rencontres humaines et des clichés de microscopes de très haute résolution fournis par le Bordeaux Imaging Center (BIC) sur le Neurocampus de Bordeaux. Les images artistiques ont été présentées lors de l’exposition « Reflet synaptique » dans la galerie « Laboratoire Bx » à Bordeaux, dans le cadre du FACTS, en novembre 2015. En mai 2017, elles seront exposées au planétarium de Buenos Aires (Argentine).
 
 

Cette collaboration vous a-t-elle permis d’en savoir plus sur les neurosciences et a-t-elle transformé votre processus de création, votre art ?

Avant 2015, je ne savais rien sur le cerveau ni sur la biologie. J’ai une culture sud-américaine de savane ! Je ne savais pas non plus que Bordeaux était doté d’un pôle d’excellence en neurosciences et de scientifiques de renommée internationale.

Ce travail m’a permis de mieux comprendre comment fonctionne le cerveau, les neurones et les synapses, ces points d’union entre deux neurones, dans l’infiniment petit. Les scientifiques pensent qu’elles sont le siège des mécanismes de mémoire et d’apprentissage. Les synapses se structurent en réseau neuronal où transite l’information, qui organise notre vie, notre devenir d’être humain. Le réseau neuronal est la toile de notre intelligence, de nos émotions, de notre spiritualité, de notre rationalisme. Ce réseau est propre à chaque individu et pourtant très similaire dans sa forme physique !   

Côté artistique, cette démarche a aussi transformé ma pratique. En France, on aime beaucoup le noir et blanc, et les tons beiges en art. Les images scientifiques fluo du BIC m’ont permis de renouer avec la couleur et avec mon passé amazonien aux tonalités acidulées. Par ailleurs, je suis passé des arts traditionnels (peinture, sculpture) aux logiciels informatiques et à l’impression high-tech ! Ce travail a révolutionné mon art. »

 
 

Pour en savoir plus sur l’artiste :
http://laurentchifffoleau.blogspot.fr/

Florence Heimburger

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