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Pourquoi procrastine-t-on ?

La procrastination se reconnaît à un seul symptôme : tout chercher à remettre au lendemain. Peut venir s’y ajouter la culpabilité de ne pas avoir réalisé ce qu’on s’était promis de faire.

Pourquoi procrastine-t-on ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Serait-ce un manque de « courage dans l’effort », comme disent les coachs sportifs ? Une maladie qui se soigne ? Une simple fatalité qui nous touche tous au moins une fois dans l’année, comme le rhume en hiver ? D’aucuns sont plus touchés et font rechute sur rechute, peinant à (re)mettre l’ouvrage sur le métier. Pour mettre fin à ce cercle infernal, un seul remède : regarder de près comment la procrastination prend forme et d’où elle vient.

Si certaines études psychologiques incriminent les gènes, d’autres accusent l’époque : les hommes préhistoriques qui devaient se rendre à la chasse se laissaient sans doute moins distraire, quand leur survie en dépendait…

Car la première raison de la procrastination est une tendance à se laisser distraire par ce qui nous entoure. Et, à l’heure des tablettes, des smartphones et d’Internet, difficile de ne pas succomber à une ribambelle d’occupations divertissantes.

Mais procrastiner ne consiste pas tant à ne rien faire qu’à s’occuper autrement l’esprit ou les mains. Ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose en soi : selon les recherches en sciences sociales et cognitives, un esprit humain aurait besoin de dix-sept minutes de pause pour cinquante-deux minutes de travail. Le procrastinateur ne risque pas d’épuiser sa concentration. Mieux encore, la recherche a établi que les procrastinateurs étaient en fait plus inventifs pour trouver des solutions, et plus productifs pendant un rush. Ce sont des pros du travail dans l’urgence et de l’efficacité de dernière minute. Mais la procrastination n’est pas toujours légère. Elle peut résulter d’un blocage face à une tâche dont l’importance écrase, d’une anxiété face au temps qui vient à manquer.

Cette fatalité pourrait être éloignée, selon une étude menée par l’université de Stockholm. En soumettant une centaine de gros procrastinateurs à une thérapie cognitivo-comportementale (TCC, souvent utilisée pour les phobies et les troubles anxieux), les psychologues suédois ont fini par obtenir un taux de procrastination moyen équivalent au reste de la population.

Face à la phobie administrative, en revanche, les scientifiques n’ont pas de remède… Vous devrez donc puiser en vous-même le courage de payer vos impôts.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Alexandre Marsat

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