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Pourquoi les phoques gris s’échouent-ils sur nos côtes ?

En période hivernale, de jeunes phoques gris s'échouent sur nos côtes. Le Centre de sauvegarde de la faune sauvage d’Audenge (LPO Aquitaine) a déjà recueilli un phoque gris cette année 2017 et d'autres échouages devraient intervenir. En 2016, pas moins de 25 ont été recensés. Explication de ce phénomène avec les experts

Phoque gris (Halichoerus grypus) relâché sur une plage girondine, après sa capture près de la Leyre en 2014

Le retour d’un temps clément, associé aux vacances de février, incitera peut-être certains d’entre vous à réinvestir les plages du littoral girondin. Peut-être y croiserez-vous… un phoque gris (Halichoerus grypus). Car « les échouages d’animaux, vivants ou morts, vont perdurer encore un peu », affirme Willy Dabin, animateur du Réseau National Echouages (RNE), rattaché à l'Observatoire Pélagis (Université de la Rochelle/CNRS). « Nous sommes au cœur de la saison d’échouages qui s’étale de novembre à mars. »

Le premier animal accueilli en 2017 par le Centre de sauvegarde de la faune sauvage d’Audenge (LPO Aquitaine) a d’ailleurs été… un phoque gris, âgé de moins de trois mois.

Trouvée sur une plage du Porge, cette femelle souffrait d’une fracture et de nombreuses plaies.

L’équipe du Centre lui a prodigué les premiers soins avant de passer la main et l’animal à Pélagis. « On s’attend à en récupérer d’autres à l’avenir » s’inquiète Manon Tissidre, responsable du Centre.

 

 

 

Ce jeune phoque a été récupéré le 2 janvier dernier, épuisé et meurtri, sur une plage médocaine. © LPO AQUITAINE

 

Ils partent seuls en mer pour s’alimenter

En 2016, Vingt-cinq échouages de phoques gris ont été recensés sur la côte atlantique par le Réseau national d’échouages. Un chiffre en augmentation par rapport à l’année 2015. La tendance globale depuis 10 ans est à nouveau orientée à la hausse du fait du développement des colonies de phoques gris », indique d’ailleurs Cécile Dars, co-rédactrice du rapport sur Les échouages de mammifères marins sur le littoral français en 2015.

La plupart des phoques concernés sont des jeunes, originaires de colonies installées au nord de la Bretagne ou au sud de l’Angleterre. « Quand leurs mères cessent de les allaiter, ils partent seuls en mer pour s’alimenter. Pendant leurs premières années de vie, ils ont un comportement erratique qui les amènent parfois très loin de leurs colonies initiales » explique Willy Dabin. En hiver, pendant les épisodes tempétueux, les fortes houles constituent un facteur aggravant pour ces « petits jeunes inexpérimentés ». C’est ainsi qu’on les retrouve ensuite, épuisés et dans « un état dégradé », sur nos plages. « On récupère parfois des petits de 7/8 kilos qui devraient en peser 35/40 ! » Sur les vingt-cinq phoques gris retrouvés échoués en 2016, quinze étaient vivants et ont pu être pris en charge.

La plupart d’entre eux, une fois en forme, retrouveront leur milieu naturel. Aux dernières nouvelles, la petite femelle avait repris du poil de la bête. Elle poursuit actuellement sa convalescence au Centre Océanopolis de Brest. Si tout va bien, elle sera relâchée d’ici début mai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme la plupart de ses congénères, You est arrivé sur nos côtes à la faveur d’une tempête hivernale. Les premières observations remontent à l’hiver 2014. © D.Delorme / RNN ARGUIN_SEPANSO.JPG

 

NB : En cas de découverte d’un jeune phoque sur la plage, il ne faut ni l’approcher, ni le toucher, mais contacter immédiatement l’observatoire Pelagis au 05 46 44 99 10.

Alexandrine Civard-Racinais

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