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Pourquoi les mouches se frottent-elles les pattes ?

C’est quand même un comble d’avoir l’air d’un notaire véreux quand on est une mouche.

Pourquoi les mouches se frottent-elles les pattes ?

FLÂNEUR DES SCIENCES


Cette manie de se frotter les pattes en douce, c’est crispant. Cela a pourtant un aspect purement pratique qui n’a rien à voir avec la préparation d’un sale coup : il s’agit pour elle de se nettoyer les poils aux pattes. Et pas question de s’épiler pour avoir l’air plus jolie : les poils des pattes sont d’importants capteurs sensoriels.

La plupart des insectes ont, comme elle, des organes sensoriels externes, que ce soit par des « poils » (qui n’en sont pas réellement au sens mammifère du terme) ou par des antennes parce que leur exosquelette rigide et parfois épais rend plus compliqué leur contact avec le monde extérieur. Alors les mouches nettoient ces poils des poussières et pollens qui s’y déposent et gênent leur perception. Ils leur servent particulièrement pour sentir la chaleur, l’humidité, les odeurs pour goûter la nourriture, l’orientation et la force du vent pour les aider pendant leur vol.

C’est aussi le cas des araignées, dont le corps est recouvert de ces organes : certains, les trichobothries, sont si sensibles qu’elles peuvent percevoir les vibrations de l’air produites par les battements des ailes de leurs proies.

 

Histoire de vibrisses

Pour autant, les insectes ne sont pas les seuls animaux à avoir ce genre d’extensions nerveuses.

En fait, la plupart sont dans ce cas : les fameuses moustaches du chat et des autres félins sont aussi des terminaisons sensorielles à ceci près que ce n’est pas le poil lui-même qui est l’organe, mais il est raccordé assez profondément sous la peau à une terminaison nerveuse qui offre bon nombre d’indications : les 24 vibrisses des matous (vous pourrez compter si vous ne savez pas quoi faire) détectent même les courants d’air qui lui indiquent, à leurs fluctuations, s’il y a un obstacle à proximité. Elles servent aussi à mesurer la vitesse du vent avant un saut dangereux et sa direction pour sentir les odeurs. Contrairement à ce que l’on croit, le chat ne souffre absolument pas si on lui coupe cet attribut (la terminaison nerveuse est sous la peau, ce n’est pas le poil) qui repoussera en deux à trois mois, mais ça le gênera fortement dans ses mouvements et il risque d’avoir l’air d’un chat ivre.

Et, même si les félins ont les plus belles vibrisses, qu’ils arborent façon bacchantes flamboyantes, presque tous les mammifères en sont équipés. Y compris l’homme : nos vibrisses sont les poils du nez. Moins choupinet que la moustache du chat… et quasi tombé dans l’oubli, sensoriellement parlant.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/