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Pourquoi la vigne pleure-t-elle ?

Elle débourre, elle fleurit, elle fructifie… Mais tout commence avec des pleurs.

 

Pourquoi la vigne pleure-t-elle ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

La vigne reprend son cycle en versant quelques larmes. L’adage dit que si l’on a mal, c’est que l’on est encore vivant. Les pleurs de la vigne montrent qu’elle est bien vivace après plusieurs mois de sommeil végétatif.

Il s’agit de gouttes de sève qui coulent parfois abondamment au bout des rameaux coupés. Le sol qui se réchauffe au mois de mars réactive la circulation de la sève. Arrivée au bout des tiges coupées, elle s’écoule alors. Il faut dire que la taille des mois précédents a été rude. Seul un ou deux rameaux échappent au sécateur. Et suivant l’époque de taille choisie par le viticulteur,  la vigne pleurera de un à cinq litres de sève ! Mais avec autant de sève à pousser dans ses tiges, la vigne n’en sera pas moins renforcée.  Sans taille sévère, vitis vinifera retrouverait sa forme sauvage : une liane qui produirait alors des rameaux longs d’une dizaine de mètres avec peu de raisin sur ses tiges, trop occupée à alimenter autant de feuillage.

Moins d’un mois après les premiers pleurs, c’est l’heure du débourrement. Certes, le mot est moins poétique mais il annonce la sortie des premiers bourgeons qui se forment, comme pour les rosiers, sur les « yeux ». Les bourgeons se séparent petit à petit de leur « bourre cotonneuse » protectrice après avoir percé la carapace des yeux. Les coupes passées s’étant cicatrisées, c’est au tour de ces nouveaux bourgeons de bénéficier du nouvel afflux de sève. Le débourrement va alors très vite et les nouveaux sarments se forment en peu de temps.
Alors qu'arrive le temps où l'on s'offre du muguet, sur la vigne,  les plus observateurs pourront deviner les futures grappes, ou plutôt les fleurs qui les formeront.

 

Eh oui, la vigne fleurit !  Deux petits mois après le débourrement, la vigne est en fleur car les raisins restent des fruits. Chaque grappe est composée de baies qui sont nées d’autant de fleurs.

La floraison est d’ailleurs aussi surveillée que la période des pleurs. Elle permet de déterminer la période des vendanges. Les viticulteurs comptent une moyenne de cent jours entre la floraison et le mûrissement des grappes prêtes à être vendangées. Pour savourer une larme de vin, il aura fallu des pleurs bien nécessaires...

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

Alexandre Marsat

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