Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Pourquoi avons-nous (réellement) toujours raison ?

Vous faites une crasse à une connaissance, un camarade ou un collègue. Puis vous vous rendez compte que vous avez eu tort car il ne le méritait pas. Bref, vous avez agi ainsi par erreur de jugement. Mea culpa ?

Pourquoi avons-nous (réellement) toujours raison ?

Et bien non, vous allez encore jouer de vilains tours à votre nouvelle victime, et vous allez la détester petit à petit encore plus.
Bande d’esprits pervers… En fait, c’est notre cerveau qui est le principal coupable de cette attitude. Comportement le plus anti-social possible, avouons-le.
Et avouons aussi que cela nous est tous arrivés d’être ce bourreau injuste.

Le mécanisme du cerveau protège ainsi notre amour-propre. Il nous aide à ne pas nous dédire, à ne pas nous désavouer. 
Il nous auto-persuade que nous avons raison d’insister sur ce mauvais chemin. Et voilà comment on donne naissance à des boucs émissaires. 
Nous considérons celle qui est notre véritable victime comme une personne qui mérite bien cela car c’est une mauvaise personne. Sacré cerveau qui inverse les rôles.
Cette « dissonance cognitive » s’explique par le fait que nous ne nous supportons pas d’être de mauvaises personnes. Alors pour se persuader que nous agissons bien, nous rentrons dans l’autojustification de nos mauvais actes. Si on agit ainsi, c’est à cause de l’autre.

Attention, il faut suivre le mécanisme : notre victime est bien innocente, on le sait mais pour rester une bonne personne de notre propre point de vue, on la transforme en mauvaise personne, pour nous donner raison d’agir mal car elle le mérite bien, non ? Esprit pervers, on vous dit !
Et voilà comment l’humanité tourne mal, tout ça pour ne pas perdre la face…
Une dissonance cognitive exposée dans le livre écrit par deux psychologues américains Carol Tavris et Elliott Aronson, sorti en France à la rentrée 2016 Pourquoi j'ai toujours raison et les autres ont tort aux éditions Flammarion.

Cités par l’Obs, ils expliquent : « La plupart des gens ont une idée relativement avantageuse d’eux-mêmes. Ils se considèrent comme compétents, honnêtes et intelligents. Par conséquent, lorsqu’ils ressentent une dissonance, ils s’efforcent de la réduire en préservant cette idée. »

 

 

Et cela peut aller loin. Le newsmag prend comme exemple les massacres ethniques : « Beaucoup de bourreaux rwandais, à l’origine, n’avaient rien contre leurs victimes, et se laissaient entraîner par la pression collective; une fois criminels, ils ne demandaient qu’à être persuadés que les Tutsis méritaient leur sort, et la propagande génocidaire entrait en eux sans difficulté. » 

Cette auto-justification est aussi présente au quotidien. Qui n’a pas tenté d’expliquer, pardon de se justifier, devant le policier d’avoir pris le téléphone au volant car on était à l’arrêt au feu rouge. Ou bien que ce même feu rouge, vous n’avez pas pu l’éviter car vous rouliez. Et franchement, hein, c’est injuste de prendre une amende… 
Ah sacrés cerveaux et dissonance cognitive !

 

Crédit photo