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Pourquoi avons-nous des poils ?

Pourquoi avons-nous des poils ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Parce que nous sommes des primates et qu’un primate sans poils est à peu près aussi ridicule qu’un poulet sans  plumes.

La principale question qui se pose aux scientifiques est plutôt : pourquoi avons-nous perdu cette élégante fourrure qui nous permettait de nous reconnaître entre groupes, de communiquer nos sentiments, et nous évitait le grotesque de notre négligé actuel ?

La principale explication avancée pour expliquer cette faute de goût est celle d’un assèchement qui aurait touché l’Afrique orientale voici 1,6 million d’années, faisant disparaître l’épaisse forêt où l’Homo ergaster se prélassait. Résultat : obligé d’aller gagner sa pitance en parcourant la savane et en se mettant à chasser, notre ancêtre a trouvé qu’il faisait chaud dans ces étendues sans arbres et a peu à peu perdu sa toison. Là où d’autres mammifères trouvent des trucs plus originaux pour éviter la surchauffe de l’organisme (halètement du chien, félins qui chassent à la fraîche, primates qui ont une transpiration huileuse qui mouille leurs poils…), l’homme, déjà stakhanoviste, a « préféré » cette technique qui lui conférait une plus grande endurance et lui permettait une activité ininterrompue durant la journée : avoir une peau résistante aux déchirures, imperméable à l’humidité et qui sue abondamment pour évacuer la transpiration. Selon des modélisations récentes de l’université de Glasgow, la bipédie se prête mieux à l’absence de poils pour lutter contre la chaleur. Grâce à l’ADN retrouvé dans certaines protéines, on est arrivé à déterminer que ces premiers hominidés glabres avaient une peau rose comme les singes mais que l’évolution l’a fait brunir pour résister au soleil.

 

5 millions de follicules pileux

 

Malgré tout, on n’est pas débarrassé des poils. Il reste environ 5 millions de follicules pileux sur l’humain moderne, mais l’essentiel ne se développe pas. Et encore moins chez la femme, dont les follicules pileux sont aussi nombreux que ceux du mâle mais demeurent embryonnaires. C’est la testostérone qui les rend plus longs et drus chez l’homme que chez sa compagne (qui s’épile, en plus, la fourbe !).

Il en demeure surtout dans des régions clés : sous les aisselles et à l’aine, où ils jouent un rôle de lubrifiant, évitant les échauffements lors de la marche, et sur le pubis, où ils permettent une meilleure dispersion des phéromones indispensables à l’attraction sexuelle. Et sur la tête, où ils protègent le cerveau, organe vital le plus externe de l’être humain et qui nécessite donc cette protection antichaleur et antifroid pour ne pas être endommagé.

Les réflexes liés à la  présence d’une fourrure n’ont pas disparu : c’est la chair de poule. Pour lutter contre le froid, les poils se dressaient afin de constituer une couche plus épaisse. En cas de stress ou d’agression aussi, ils faisaient paraître notre ancêtre plus  gros, donc plus impressionnant, comme les chiens ou les chats lorsqu’ils se battent. Maintenant, ça nous fait juste  ressembler à des poulets…

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit: eat, sleep, rave, repeat. via photopin (license)