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Migrations : le passage des palombes annonce celui de nombreux oiseaux

Migrations : le passage des palombes annonce celui de nombreux oiseaux

Dans tout le grand Sud Ouest le passage des palombes est attendu et commenté. Plus discrètement passent les passereaux,  milans royaux, faucons, busards Saint-Martin, … tous ceux qui traversent les Pyrénées l’automne venu. Au mythique col basque d’Organbidexka, les oiseaux trouvent un passage au milieu de la chaîne des Pyrénées. Reportage face au vent à 1290 mètres.


Dans la vallée, à Larrau ou à Saint-Jean-le-Vieux il fait 28°C. Les habitants n’osent même pas fréquenter les terrasses au moment du déjeuner. Ici les palombes s’admirent rôties à l’armagnac. Là haut, le contraste est saisissant. On a perdu plus de 10 degrés et les palombes passent en silence au milieu des plus bruyantes grues cendrées. Au sommet du Col d’Organbidexka à 1290 mètres, les observateurs des oiseaux migrateurs reçoivent les  promeneurs emmitouflés et bonnets visés sur la tête face au vent qui décoiffent même les brebis qui paissent alentours. Au dessus de la magnifique hêtraie d’Iraty, elles donneront le fameux ossau-iraty.

Buse variablePas le temps d’observer cette carte postale pour Clément Rolland, qui compte le nombre de migrateurs chaque année. Il lâche un instant ses jumelles : « Pour l’instant, nous avons beaucoup de vent de sud-ouest. Ce n’est pas idéal mais les migrateurs tentent toujours de passer les Pyrénées quoi qu’il en soit. La migration est vitale, certains font même demi-tour plus loin puis tentent un autre passage ailleurs. Seul le brouillard peut les bloquer ». Cet après-midi, le ciel dégagé permet une vue à couper le souffle sur la chaîne des Pyrénées.

 

Un site de migrateur majeur en Europe

Le rouge queue  noire, venant de Scandinavie, est l'un des nombreux passereaux qui passent les PyrénéesAu sommet de ce col, les migrateurs trouvent un passage plus favorable car les sommets environnants pointent tous au dessus de 1600 mètres avec une orientation est-ouest plus favorable pour passer en Espagne. Les oiseaux venant du nord peuvent alors longer les Pyrénées sur 50 kilomètres pour trouver ce passage.
Ceux qui pratiquent les vols planés, comme les rapaces ne pouvant pas profiter d’une ascendance thermique convenable pour passer plus haut, se rassemblent ici… Un vrai goulet qui permet à la LPO de compter les oiseaux migrateurs post-nuptiaux, comme ils le font aussi au col de Lizarrieta et à la redoute de Lindux.
Par sa position, le col d’Organbidexka est l’un des trois passages de migrateurs les plus importants d’Europe occidentale (avec le détroit de Gibraltar et Falsterbo en Suède).

 


Étude de la démographie des oiseaux

« Il est évidement impossible de compter tous les migrateurs mais en respectant le même protocole, on peut comparer les chiffres et déterminer l’état d’une espèce puis tirer la sonnette d’alarme s’il le faut. D’autres enquêteront alors sur les raisons de cette chute pour que les pouvoirs publics prennent des mesures ».Vautour fauve
Ainsi, le milan royal dont la moitié des nicheurs avait disparu dans le Nord et le Centre a retrouvé le nombre équivalent de couples (environs 3300). Son cousin, le milan noir est lui en forte augmentation.

« On peut aussi étudier la démographie des oiseaux, savoir si la reproduction s’est bien déroulée en déterminant l’âge des rapaces à l’observation visuelle. Mais aussi les dates de passage. Par exemple, sur 35 ans, des espèces ont repoussé leur passage de 10 à 15 jours comme les grues cendrées, le busard Saint-Martin ou encore le pigeon ramier. »

Un comptage qui va s’arrêter avec l’arrivée du gel autour du 15 novembre. Mais l’an prochain, migrateur et compteurs seront de retour au col d’Organbidexka, sous le soleil, le vent ou la pluie.

 

Trois rapaces mythiques qui passent le col d’Organbidexka :

- Faucon crécerelle
C’est un petit rapace d’une envergure allant jusqu’à 82 centimètres. On peut l’observer en vol stationnaire quand il chasse. Il est reconnaissable à son bec crochu, son plumage moucheté et à son cri aigu (« kiki ») qui lui vaut son nom.
Très présent en France, il a une aire de répartition européenne et eurasienne large.

- Milan royal
Milan royalAvec sa queue échancrée et son plumage brun roux par dessus et ses plumes blanches avant l’extrémité noire des ailes, il est facilement reconnaissable. D’une envergure d’environ 1,5 mètre, il utilise comme tous les rapaces le vol plané mais est aussi coutumier du vol dit battu. Son aire de répartition est principalement située sur un axe allant de la Suède à l’Espagne avec une forte présence en Allemagne, en France et en Espagne où la plupart se dirigent pour passer l’hiver au moment de la migration post-nuptiale.

- Busard Saint-Martin
Le plumage clair du busard Saint-Martin le distingue des autres rapaces (surtout les mâles). Il vient nicher sur toute la France mais est plus présent dans le grand Sud Ouest. Pas besoin de lever la tête pour le voir : on peut le remarquer par son vol à faible hauteur (1 à 2 mètres) quand il chasse juste au dessus de la végétation. Les individus de notre région vont hiverner au nord de l’Espagne.


Photos Alexandre Marsat

 

 

 

Alexandre Marsat

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