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Balade "Une pause entre pierre et eau" 3/5 : Le ciment fait carrière

Balade "Une pause entre pierre et eau" 3/5 : Le ciment fait carrière

SCIENCES EN BALADE
LORMONT
Partez à la découverte des villes avec "Une pause entre pierre et eau"

C’est en passant par Lormont en train que Paul Chausson découvre ce site en 1929. Il est idéal pour une cimenterie : géologiquement intéressant, il borde la Garonne en cas de besoin de matériaux complémentaires. Et surtout, Adrien Marquet, le maire de Bordeaux de l’époque, lance un plan de grands travaux qui sont une aubaine commerciale. Le permis de construire est obtenu rapidement même si l’on sait que le coteau qui faisait la fierté touristique de la ville sera détruit.

La cimenterie Poliet et Chausson y démarre son activité en 1932. Elle s’étend sur 35 hectares, dont 28 de carrière et englobe cinq châteaux dont quatre seront détruits sans autorisation, au fur et à mesure que l’on creuse la colline : Bellevue en 1936, Raoul en 1950, l’Ermitage en 1972 et Lissandre en 1983, lors du démantèlement de l’usine. Seuls demeurent les Iris.

 

CIMENT MODE D'EMPLOI

 

L’activité de la cimenterie débute à un rythme soutenu et elle deviendra vite la plus importante du grand Sud-Ouest. Elle se décompose en deux activités présentes sur le même site. D’un côté, la carrière, qui prend l’essentiel de l’espace et permet d’extraire le calcaire et l’argile destinés à alimenter la cimenterie proprement dite. A l’époque, le ciment, tel qu’on le connaît de nos jours encore, est une invention relativement récente puisqu’elle date d’environ un siècle. Pour le fabriquer, il faut mélanger trois quarts de calcaire et un quart d’argile qui sont concassés. On ajoute alors, si nécessaire, de la silice, de l’alumine et du fer pour obtenir le « cru ». On passe alors ce mélange séché et broyé (« la farine ») dans un four tournant horizontal qui le chauffe à 1500° C et le décarbonate. La chaux du calcaire se mélange à l’argile pour former, grâce à un refroidissement brutal, ce que l’on appelle le clinker.

Celui-ci est alors broyé finement et mélangé à divers matériaux (calcaire, cendres, pouzzolanes) selon la qualité du ciment désiré. Le stade Lescure (Chaban-Delmas actuellement), le pont d’Aquitaine, les barrages pyrénéens et la ZUP des Hauts de Garonne ont été construits avec la cimenterie de Lormont dont le four de plus de 100 mètres de long fut pendant longtemps le plus grand d’Europe.

 

DIX MILLIONS DE MÈTRES CUBES

 


En 1978, confrontée à l’urbanisation qui frôle le coteau grignoté par la carrière, l’exploitation cesse presque entièrement : seul le clinker est acheminé depuis une nouvelle carrière charentaise pour être broyé et commercialisé ici. En 1985, l’usine est fermée et démantelée. Sa haute cheminée gît encore, presque introuvable, dans un talweg (ligne la plus basse d'une vallée). En 50 ans, 10 millions de mètres cubes de matériau ont été extraits du coteau, produisant 12 millions de tonnes de clinker et 15 millions de ciment, de quoi construire 300 000 maisons individuelles.

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