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Pourquoi les cheveux deviennent-ils blancs ?

Pourquoi les cheveux deviennent-ils blancs ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

C’est quand même gentil de le dire, même si on n’y croit pas : les cheveux blancs donnent du charme à un homme, disent les femmes, qui s’empressent de se teindre dès qu’apparaît le premier poil maudit, sur les coups de 35 ans en moyenne chez les Blancs, 40 ans chez les Asiatiques et plutôt vers 45 ans pour les Africains. Mais, bien sûr, comme pour la notion de charme, il n’y a pas de règles pour les cheveux dont l’explication du blanchiment donne du fil à retordre aux scientifiques.

Ce qui est clair, c’est l’explication de la coloration. Elle est due à la mélanine, la même molécule responsable de la couleur de la peau ou des yeux (même si peu de gens ont la peau bleue…). Celle-ci est produite par les mélanocytes, des cellules spécialisées qui sont regroupées à la base des cheveux, là où sont également stockés les kératinocytes, qui, comme leur nom l’indique, produisent la kératine, matière première du cheveu.

En poussant, la kératine se gorge de mélanine et c’est ce qui donne la couleur. Entre parenthèses, il y a deux types de mélanine : l’eumélanine pour les couleurs sombres et la phéomélanine pour les couleurs claires. Les nuances de la chevelure résultent donc du mélange, propre à chaque individu, entre ces deux molécules. Voilà pour la coloration.

Pour le blanchiment, deux explications sont avancées qui peuvent se recouper (mais pas en quatre). Un cheveu a une durée de vie de deux à six ans, après quoi il tombe (encore un grand malheur…). Et il faut alors que la kératine qui produit le cheveu remplaçant s’imprègne de mélanine. Sauf qu’au fil du temps, le nombre des mélanocytes diminue pour des raisons encore floues et les cheveux deviennent gris, puis blancs puisqu’ils n’ont plus leur colorant.
Ce n’est qu’en 2005 que des chercheurs américains ont avancé cette explication, contestée en 2009 par des Européens : pour eux, c’est l’accumulation dans les cheveux de peroxyde d’oxygène qui les blanchirait. Banalement appelé « eau oxygénée », celle-là même que l’on utilise pour se décolorer, le peroxyde est fabriqué naturellement par tous nos poils mais décomposé en eau et en oxygène par une enzyme (la dopachrome tautomérase), ce qui annule son effet.
Sauf qu’en vieillissant, cette enzyme, déjà assez rare, tend à disparaître, et l’on se retrouve peroxydé contre son gré : avec le temps, on deviendrait donc des Marylin Monroe naturels, ce qui est d’un grand réconfort moral, à défaut de physique… Comme la dopachrome tautomérase n’est pas présente en même quantité sur toutes les parties pileuses du corps, cela expliquerait par exemple que certains continuent d’avoir des sourcils noirs et les cheveux blancs.
Mais si le blanchiment est lié à l’âge, son origine est encore méconnue. Plusieurs facteurs peuvent l’accélérer, et notamment le stress lorsqu’il est continu.
Ce qui explique notamment un phénomène rare et non encore totalement élucidé : le blanchiment en une nuit sous l’effet d’un stress incontrôlable, appelé « syndrome Marie-Antoinette » dont la chevelure blanchit dans la nuit précédant son exécution. D’un autre côté, elle n’a pas eu le temps de s’en désoler.
 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

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