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Ces micro-algues qui déterminent l’état de nos rivières, lacs et fleuves

Ces micro-algues qui déterminent l’état de nos rivières, lacs et fleuves

Les diatomées, micro-algues invisibles à l’œil nu ont permis aux chercheurs de l’Irstea d’établir un indice biologique qui sert à évaluer l’état écologique de nos eaux douces. Présent en abondance, c’est un véritable bio-indicateur


On glisse dessus en mettant le pied sur les roches pour se baigner dans une rivière ou en péchant sur le bord d’un étang. On râle croyant avoir affaire à un quelconque corps gras.

Et pourtant, on devrait y prêter plus attention car il s’agit en fait des biofilms de diatomées. Juliette Rosebery de l’Irstea Bordeaux (1) qui étudie de très près ces algues ne dépassant pas le demi-millimètre les connaît bien. « Elles sont très diversifiées et selon les diatomistes, il existe entre 10.000 et 100.000 espèces de diatomées. Leur intérêt est qu’elles sont très faciles à échantillonner » explique la chercheuse devant son microscope au sein du laboratoire du centre de l’Irstea situé à Cestas, au sud de Bordeaux.

« On les utilise car elles sont révélatrices de la qualité de l’eau des milieux aquatiques ». En effet, leur nombre et leur sensibilité font des diatomées des êtres vivants particulièrement intéressants aux yeux des hydrobiologistes. Depuis la directive cadre européenne sur l’eau, chaque Etat-membre devant posséder des indicateurs sur la qualité des eaux douces, ce bio-indicateur est primordial.

 

La diatomée est sensible à son milieu

 

« Notre rôle est de proposer des méthodes de bio-indication aux pouvoirs publics à partir de ces espèces qui sont très révélatrices de l’environnement. Cela donne un indice appelé indice biologique diatomée. Cet indice est utilisé en France pour l’évaluation des états écologiques des milieux aquatiques mais aussi validé au niveau européen. »
Leur prélèvement et leur observation par les hydrobiologistes permettent de catégoriser l’état écologique de l’eau en s’appuyant sur un guide et un logiciel qui les répertorie.

Photo de diatomées  (Crédit Irstea)Si l’Irstea travaille depuis une trentaine d’année sur les diatomées, c’est que la connaissance toujours approfondie de ces milliers d’espèces permet de rendre plus performant l’indice. « On arrive à affiner la perception de la sensibilité de la diatomée et donc du diagnostic réalisé. »

Actuellement, l’Irstea Bordeaux mène d’ailleurs des recherches pour que ces indicateurs révèlent aussi les pollutions aux métaux lourds et autres toxiques comme les pesticides.

La prochaine fois que vous glisserez sur une pierre, pensez que ces diatomées permettent de connaître l’état de cette eau et de mettre en place des solutions pour l’améliorer.


(1) Juliette Rosebery est animatrice de l’équipe CARMA (Contaminants anthropiques et réponses des milieux aquatiques)

 

Alexandre Marsat

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