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Invasives et exotiques : sont-elles si dangereuses ?

Invasives et exotiques : sont-elles si dangereuses ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

D’un côté, il y a les espèces invasives, de l’autre, les exotiques.
Souvent, on mélange les deux, car, dans l’imaginaire collectif, ce qui vient de loin est forcément nocif pour « nos » espèces indigènes. Parfois, les excès de langage nous font parler de « péril jaune » pour le frelon asiatique

La dangerosité de l’espèce dite exotique est qu’elle est invasive, proliférant et menaçant la biodiversité.
Prenons le dernier invertébré arrivé en France : le plathelminthe de Nouvelle-Guinée. Découvert à la fin de 2013 au Jardin des plantes de Caen, ce ver plat inquiète fortement les scientifiques, car il fait partie des 100 espèces envahissantes les plus dangereuses au monde. Adaptation, prolifération, carnivore…
Il a toutes les facettes de l’espèce exotique invasive. Venu du Pacifique mais vivant dans les montagnes, il peut s’adapter aux températures basses d’Europe de l’Ouest et dévorer escargots ou lombrics. Ces envahisseurs, que l’on combat, nous feraient oublier bien d’autres espèces exotiques souvent proliférantes avant d’être régulées, qui se sont tellement plu dans nos contrées qu’elles font partie de notre identité.

 

Carpe, faisan et acacia
 

La première de ces espèces est le ragondin, qui est pourtant un véritable destructeur de nos berges. Plus apprécié : le faisan. Dans les campagnes, on pourrait presque en faire un emblème aussi prestigieux que le coq. Et pourtant, il vient d’Asie, d’où il a été importé par les Grecs avant que les Romains l’implantent dans tout l’Empire.

Pas moins d’un quart des poissons d’eau douce ne sont pas indigènes. On ne troquerait pour rien les carpes de nos étangs, alors qu’elles ont été introduites au Moyen Âge puis élevées par les moines pour remplacer la viande lors des jours maigres du calendrier chrétien. Parmi tant d’autres espèces auxquelles on s’est adapté, comment ne pas citer l’acacia. Eh oui ! l’arbre qui donne ce si bon miel est un exotique invasif (étouffant ses voisins par sa croissance forte et  fixant l’azote) qui vient d’Amérique du Nord. Il a été introduit par un certain Jean Robin au début des années 1600, d’où son nom de « robinier faux acacia ». On l’a même développé dans notre région viticole : son bois étant imputrescible, il a été cultivé pour réaliser les piquets des rangs de vigne.

Le proverbe romain « Tandem aliquando, invasores fiunt vernaculi » avait raison : « Avec le temps, les envahisseurs deviennent indigènes. »

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier

 

Alexandre Marsat

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