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Pourquoi les oiseaux chantent-ils ?

Pourquoi les oiseaux chantent-ils ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

C’est le printemps et, parmi les différents signes du renouveau de la nature, le chant des oiseaux est l’un des plus remarquables. Car les oiseaux ne chantent qu’au printemps.
Même si la nuance est parfois floue entre cri et chant, on peut trancher en disant que le chant se limite à la période de reproduction alors que les cris (d’alarme, sociaux pour se localiser ou coordonner les activités, liés à la nourriture pour indiquer là où la cantine est bonne) retentissent toute l’année.

Parce que, oui, comme chez les chanteurs de charme et quelques rockeurs sur le retour, le chant est l’apanage des mâles afin d’attirer l’oiselle qui se laisse impressionner par ce ramage. La nature est cruelle : les plus volubiles sont ceux qui ont le plus de chance de trouver rapidement une compagne. Comme pour équilibrer la chose, à de rares exceptions près, les oiseaux les plus petits et ceux qui ont le plumage le plus tristounet sont aussi ceux qui chantent le mieux. Chez les oiseaux, et n’y voyez aucun anthropomorphisme déplacé, la femelle est attirée soit par le chatoiement du plumage, soit par le bagout. Rares sont ceux qui restent muets et il faut les chercher parmi les plus gros (notamment la cigogne). Autre fonction du chant : marquer le territoire. Ce qui correspond aussi à l’activité sexuelle car ceux qui ont le terrain le plus riche en nourriture attirent aussi plus facilement les femelles.

Une histoire d’hormones

L’allongement des jours fait grossir 200 à 300 fois les glandes sexuelles des mâles. Et la testostérone ainsi produite fait grossir les structures cérébrales contrôlant l’activité du chant. Supprimez la production de testostérone chez un mâle et il cesse de chanter. Inversement, introduisez
cette hormone chez une femelle ordinairement silencieuse, elle commence à gazouiller.

Pour l’apprentissage du chant, tous les oiseaux ne sont pas logés à la même enseigne. Chez certains (les gallinacés notamment), le chant est inné alors que chez d’autres (seulement 3 ordres sur 23), les vocalises imitent strictement celles de papa (comme chez certains rockeurs, mais passons).
Le plus souvent, un semblant de chant est inné mais c’est le père qui améliore tout ça. L’organe du chant, c’est le syrinx : une caisse de résonance cartilagineuse à la sortie des poumons. Les sons sont modulés en modifiant les membranes qui la tapissent et, comme elle est double, elle permet à l’oiseau de produire deux notes à la fois et parfois à une vitesse folle : jusqu’à 40 notes à la seconde chez l’alouette et le serin.

Donc non, les oiseaux ne chantent pas parce qu’ils sont contents : c’est lorsqu’ils sont contents parce qu’ils ont trouvé une oreille attentive (et plus si affinités) qu’ils cessent de chanter, généralement au début de l’été.
O sole mio…

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier