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Euro 2016 : pourquoi le ballon rond est une histoire de maths ?

Euro 2016 : pourquoi le ballon rond est une histoire de maths ?

Avec l'ouverture de la Coupe d'Europe 2016 ce vendredi 10 juin, les 552 joueurs sélectionnés martyrisent ce pauvre ballon de foot pour un mois... Mais savent-ils que la fabrication du ballon est avant tout une histoire de maths ?

Loin des 4-4-2… La formule est un peu plus poussée. Car le ballon, pour être rond tout en refermant une vessie, est un icosaèdre tronqué. Cette forme se compose de 32 faces (ici en cuir) : 12 pentagones et 20 hexagones. Les arêtes doivent avoir toutes la même longueur. En observant un ballon, les deux formes se distinguent par les couleurs des pièces de cuir : les faces blanches sont les hexagones (à 6 côtés) et les noires les pentagones (à 5 côtés).

Toutes sont cousues entre elles pour renfermer la vessie et rendre le ballon sphérique. Travail fastidieux qui nécessite jusqu’à 2 000 points de couture dans une matière dure et épaisse. Si l’icosaèdre tronqué a été choisi, c’est grâce à Eigil Nielsen. En 1947, le gardien de l’équipe du Danemark a souhaité mettre une valve au ballon pour abandonner le principe du lacet refermant le cuir. Et rendre ainsi le ballon plus rond.

Et, côté chiffre, on ne rigole pas avec ses mensurations. La taille a été définie en 1837 : sa circonférence doit être comprise entre 68 et 70 centimètres pour un diamètre de 22 centimètres. Côté poids : 410 grammes et pas un de plus !

Pour autant, le ballon évolue au fil des décennies. Finie la couleur cuir dans les années 1950, les autorités footballistiques autorisent le blanc pour qu’il soit plus visible à la télé. Puis il devient bicolore avec l’arrivée de la télé couleur pour la Coupe du monde de 1970 au Mexique. Mondial où le grand équipementier Adidas est choisi par la Fifa pour « créer » ses ballons jusqu’à aujourd’hui. 

 

Du cuir au polyuréthane

 

Crédit photo : Photo officielle Twitter @brazuca

 

Marketing oblige, chaque mondial a dès lors son ballon. Véritables collections portant des noms, il faut innover… En 2006, le ballon « Fifa approved » est réalisé avec 14 panneaux. C’est la fin de l’icosaèdre tronqué, du moins pour les épreuves Fifa.

Le Brazuca, qui roulera dimanche soir sur la pelouse de Maracanã, est réalisé en seulement 6 panneaux de polyuréthane, pour représenter les bracelets brésiliens. On fait appel à la technologie pour justifier ce changement : ses panneaux de polyuréthane et ses nouvelles coutures permettraient au ballon d’avoir une plus grande efficacité de transmission de la force de frappe, grâce à une plus grande vitesse de rotation. Et une meilleure prise en main du gardien.

Que les fans de maths et de géométrie se rassurent : si l’icosaèdre tronqué ne jouera pas la finale, il garde toujours sa place mondiale parmi les 60 millions de ballons produits chaque année !

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Photo credit: APM Alex via photopin cc

 

Alexandre Marsat

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