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Pourquoi les vaches réchauffent-elles l’atmosphère ?

Pourquoi les vaches réchauffent-elles l’atmosphère ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Folles, enragées et dangereuses pour l’atmosphère à cause d’une digestion un peu intempestive. Si ce n’était pour leurs beaux yeux tendres, on ferait mieux de se méfier d’elles. La preuve : en janvier dernier en Allemagne, les émanations conjuguées de 90 d’entre elles dans une atmosphère trop confinée ont fait exploser leur étable.
Elles s’en sont sorties sans dommage, merci pour elles. Donc, les vaches cachent un esprit retors derrière une placidité apparente. Examinons donc la bête à pis pour comprendre les raisons de son terrorisme gastrique. La vache est un ruminant (comme les cerfs, girafes, chèvres, zébus…). Ce qui signifie qu’elle ne digère pas ses aliments d’un coup : elle broute tranquillement de longs brins d’herbe puis elle va se coucher et commence à ruminer dans son coin. Les brins descendus dans un de ses quatre estomacs remontent vers la bouche et elle les mâche à nouveau pour les réduire en fins filaments. Ce faisant, en six à huit heures de rumination quotidienne, elle produit environ 160 litres de salive. Heureusement qu’elle n’a pas de pause-café… Suite à quoi, tout est renvoyé dans le rumen, l’un de ses estomacs, où les aliments vont rester vingt-quatre à quarante-huit heures en étant décomposés par l’activité microbienne.
Ce qui provoque une fermentation qu’elle évacue tranquillement en rotant toute la journée.

Effet de serre

Agréable… Cela faisant, mis à part le côté vaguement malpoli de l’affaire, elle émet notamment du méthane qui, outre sa grande combustibilité responsable de l’explosion de l’étable évoquée plus haut, est un des principaux responsables de l’effet de serre. S’il dure moins longtemps que le CO2 (moins de dix ans), ses molécules (CH4) absorbent 23 fois plus de rayonnement solaire que le CO2. Ce qui signifie qu’il retient la chaleur terrestre 23 fois plus que le dioxyde de carbone, contribuant ainsi au réchauffement climatique.
Inutile de lui faire la leçon : même les plus élégants des humains flatulent en moyenne 15 fois par jour, émettant notamment de l’azote, de l’oxygène mais aussi du CO2 et du méthane. On fait moins les malins…
Reste que la vache, du fait de son système digestif, émet 90 kilos de méthane par an, soit assez en une semaine pour faire rouler une voiture sur 100 kilomètres. Ou encore 300 000 milliards de litres par an pour l’ensemble du cheptel mondial (1,3 milliard de bêtes). Cela représente environ 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Comme on ne peut pas leur demander de ne roter qu’un jour sur deux, certains tentent de trouver des solutions. L’Inra (Institut national de la recherche agronomique) propose d’ajouter du lin à leur régime alimentaire, ce qui permettrait de réduire l’émission de méthane de 20 %. Un chercheur argentin a eu l’idée (de génie ?… voire) de capter les émanations en glissant un tuyau dans le rumen des vaches et en les stockant dans un réservoir accroché à leur dos. Ça rumine aussi chez les scientifiques. Et ça produit parfois du vent, aussi.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier