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Pourquoi voit-on des coquillages dans les murs de Bordeaux ?

Pourquoi voit-on des coquillages dans les murs de Bordeaux ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Le vieil adage a décidément raison. Plus on connaît une ville, moins on l’observe. À Bordeaux, si on y prête attention, les pierres parlent et racontent leur histoire et celle de la région. Une histoire commencée il n’y a pas moins de 30 millions d’années, à l’ère tertiaire…

Débutons par le plus ancien des monuments encore existants : le palais Gallien, construit à l’époque romaine. Les Romains sont allés chercher les pierres de la rive droite de Bordeaux, là où le calcaire affleure. Pendant les siècles qui ont suivi, la plupart des beaux édifices de Bordeaux, et ce jusqu’aux belles façades XVIIIe, seront construits avec les pierres des carrières allant de Bourg-sur-Gironde à Saint-Macaire et, plus à l’est, Saint-Émilion.

« Ce plateau de l’Entre-deux-Mers s’est formé à l’oligocène il y a 28 à 30 millions d’années, quand toute la région était sous les eaux, à partir de dépôts sédimentaires calcaires et de débris d’animaux marins coquilliers », explique la géologue Michèle Caro, auteur de « Promenade géologique à Bordeaux » (1).

Un calcaire appelé calcaire à astéries, venant du latin « asteria » pour étoile de mer, témoignant par là-même que d’autres animaux marins vivant dans ces eaux chaudes et peu profondes s’y sont déposés, comme les coraux, ou les oursins.
Si ces derniers sont visibles dans les pierres de Bordeaux, un microscope est nécessaire pour déceler les débris d’étoiles de mer.

Étoiles de mer, coraux et oursins

Mais il ne faut pas croire que chaque pierre calcaire de Bordeaux renferme des fossiles visibles de coquillages. Les carriers qui faisaient venir les pierres par gabares avant la construction du pont de pierre en 1822 préféraient les « bancs » de roche aux grains fins, plus solides et moins sensibles à l’érosion provoquée par l’eau de pluie.
Les pierres à gros grains, plus riches en fossiles de coquillages, sont facilement observables : les eaux de pluie ont dissous les coquilles calcaires, laissant des trous dans la roche.
Maintenant, arrêtez-vous devant les façades de Bordeaux, regardez avec attention la pierre, vous y découvrirez des coquillages, des oursins et même, en étant fins observateurs, le va-et-vient des courants de marée transportant les sédiments…

(1) Michèle Caro est membre de l’association CAP Terre, qui organise des promenades géologiques à Bordeaux€:
http://www.cap-terre.org/

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier

Alexandre Marsat

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