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Pourquoi le bouchon en liège est-il indétrônable ?

Pourquoi le bouchon en liège est-il indétrônable ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Un repas avec la famille et les proches. L’occasion de sortir une bonne bouteille. Et là, patatras… au cérémonial de l’ouverture succède le goût de bouchon. De quoi plomber le repas dès l’entrée.
Et cela n’arrive pas qu’aux autres… Une fois sur 30, si l’on en croit les statistiques. Pour autant, pas question de troquer ce bon vieux liège, utilisé depuis plusieurs millénaires, contre un bouchon synthétique ou une capsule.
Quitte à risquer d’avoir un vin bouchonné dont le responsable est le bouchon ou plutôt la contamination par le TCA (trichloroanisole) du liège.

Il faut dire que, depuis les Grecs, le bouchon de liège a une bonne réputation. Retrouvé sur des amphores datant du Ve siècle avant notre ère lors de fouilles archéologiques sur l’agora d’Athènes, il s’est développé avant que les tonneaux supplantent les lourdes et fragiles amphores. Revenu en grâce avec l’essor de la bouteille en verre, au XVIIIe siècle, il permet au vin de ne pas s’écouler grâce une imperméabilité presque totale (rares écoulements). Sa résistance au gaz a tout d’abord intéressé Dom Pérignon pour les vins de Champagne qu’il venait de… champagniser. Fini, les différentes matières qui obturaient les contenants : bois, résine, cire, chanvre, paille et argile, pouzzolane…
Dès 1924, le célèbre Château Mouton Rothschild bouche lui-même ses bouteilles, avant d’être suivi par tous les propriétaires.

Une question d’image

Si le liège est étanche et s’adapte à la forme du goulot, il permet une circulation entre la bouteille et l’extérieur, ce qui lui a valu d’être considéré comme un véritable atout pour le bon vieillissement du vin grâce à cette microrespiration. Autant dire que ce seul argument lui a permis de s’imposer.
Passons sur le fait qu’Émile Peynaud a démontré que l’oxygène contenu par le vin et celui demeurant dans le haut de la bouteille suffisent à sa bonne maturation.

Si on a inventé des bouchons synthétiques conservant les avantages du liège et censés éviter le goût de bouchon, 80 % des bouchons demeurent en liège. Car, pour les vignerons ou les commerciaux, peu de consommateurs sont réceptifs au non-liège.
Comme l’étiquette, cette question d’image pèse lourd… Liège ou synthétique, l’agréable « poc » du bouchon continuera de résonner.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier

Alexandre Marsat

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