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D’où vient le chistera ?

D’où vient le chistera ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Le chistera… le nom fleure bon les vacances où, entre force basque et fronton, les touristes découvrent la culture locale souvent relayée par le sport. C’est d’ailleurs l’un des rares mots basques passés dans la langue française, « xistera », qui permet d’employer « le » ou « la », car il n’y a pas de genre dans cette langue.

Si le nom est connu, on en oublie l’origine. Comme tous les objets de la pelote basque, il est né de l’évolution de ce sport, parfois par hasard, parfois pour s’adapter aux spécialités et aux nombreuses règles de ce jeu, à moins que ce ne soit l’inverse…

Les pratiquants savent qu’ils doivent l’invention de ce gant de cuir prolongé d’osier à Jean Dithurbide, dit Gantxiki. En 1857, cet habitant de Saint-Pée-sur-Nivelle a l’idée d’améliorer le gant utilisé pour se protéger la main dans les jeux de paume, en le prolongeant par un panier d’osier servant à ramasser les raisins. Plus léger, ce nouveau « gant » fatigue moins le bras et permet d’envoyer la pelote plus loin et avec plus de force. Avec l’ouverture d’ateliers de fabrication qui suit, il faut peu de temps pour que le chistera soit utilisé par un grand nombre de pelotaris.

Souplesse et résistance du châtaignier

Cependant, la production de chisteras est demeurée artisanale, car trois métiers interviennent dans sa fabrication : vannerie, menuiserie et maroquinerie.
L’artisan sélectionne d’abord du bois de châtaignier, car cette essence souple et solide autorise le cintrage qui constituera l’armature. Dans ce même bois, il taille et cintre à nouveau des tiges qui forment les côtes pour la coque du chistera. Ensuite, plus d’une centaine d’éclisses d’osier seront croisées sur ces côtes. Enfin, le gant de cuir sera fixé. Un travail rapidement décrit ici, mais qui nécessite au moins vingt heures pour être mené à bien.

Deux principaux chisteras se distinguent pour correspondre à deux techniques de jeu bien différentes.
Le plus connu pour les profanes est la « cesta punta », pratiquée avec le grand chistera. Le nom espagnol, qui veut dire « panier en pointe », résume bien l’utilisation : la pelote se réceptionne sur la pointe du chistera. Là, le pelotari bloque la pelote puis s’élance et la renvoie avec vigueur. Une figure très harmonieuse et impressionnante.
Le petit chistera est utilisé pour le « joko garbi » : le panier est bien moins creusé, car la pelote ne doit pas arrêter sa course dans le chistera mais être renvoyée de suite.
Technique et pratique sont bel et bien liées.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

photo credit: Terre et Côte Basques via photopin cc

Alexandre Marsat

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