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Quel est cet oiseau qui change de couleur ?

 le lagopède a une garde-robe bien fournie.

FLÂNEUR DES SCIENCES

On ne sait pas s’il fait les soldes dans ses montagnes, mais le lagopède a une garde-robe bien fournie. Pourtant, ce n’est pas pour se faire remarquer, bien au contraire. Gentil gallinacé timide qui vit  au-dessus de 2 000 mètres d’altitude dans les Pyrénées, il change trois fois de plumage durant l’année pour qu’on ne le voie pas dans son environnement : il est blanc en hiver, gris-brun en été afin de se fondre au milieu des pierres, et adopte du roux et des couleurs très tendance entre les deux.

Le phénomène est commun à beaucoup d’animaux, qui pratiquent ainsi le mimétisme pour, le plus souvent, échapper à leurs prédateurs ou, au contraire, mieux surprendre leur proie. Dans le cas d’un changement de couleur, on parle d’homochromie, un mécanisme d’adaptation très fréquent dans les milieux froids (l’ours polaire et le lièvre variable, qui devient blanc en hiver…).

Deux homochromies trompeuses

Il y a deux sortes d’homochromie. La première, dite simple, est celle qui s’étale dans le temps. C’est le cas d’une part très importante des animaux, qui adoptent définitivement une couleur, celle qui domine dans leur environnement. C’est ainsi que le lion est brun clair comme la savane, et le criquet vert comme la prairie. Mais aussi que le zèbre est rayé ; pas vraiment discret à nos yeux, cet habit de bagnard est très efficace contre son principal prédateur, le lion, qui se perd un peu dans toutes ces rayures qu’il a du mal à discerner.

Le lagopède, parce que son environnement se modifie, change lui aussi en muant. Il faut savoir que les oiseaux muent au moins une fois par an, ne serait-ce que parce que leurs plumes s’usent et qu’il faut les renouveler. La particularité du lagopède est qu’il modifie sa couleur en synthétisant ses pigments différemment en fonction de l’effet souhaité. Le blanc est une absence de pigmentation.

L’autre homochromie est encore plus fascinante : l’homochromie variable permet à certains animaux de changer de couleur pour s’adapter rapidement à l’endroit où ils se trouvent. Le caméléon est le plus connu, mais pas le plus habile : la seiche change de couleur et même de texture en deux tiers de seconde. Ce système, qui ferait rêver plus d’un élu, est dû aux chromatophores qui recouvrent leur peau : ces cellules (ou organes neuromusculaires, en fonction de l’espèce) contiennent des pigments et sont entourées de cellules musculaires directement reliées au cerveau. Celui-ci analyse le décor dans lequel l’animal doit se fondre et contracte ou dilate les chromatophores en fonction de la couleur à donner. À chaque couleur correspond un degré différent de contraction. Et sous ces cellules se trouvent d’autres cellules, réfléchissantes celles-ci, qui reflètent la lumière et s’adaptent à sa longueur d’onde pour la renvoyer. Ainsi, pas besoin d’attendre les soldes pour être à la mode locale…

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

photo credit: peupleloup via photopin cc  / Marmotte73 via photopin cc