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L’isard des Pyrénées a-t-il froid l’hiver ?

L’isard des Pyrénées a-t-il froid l’hiver ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

La maman des isards, elle est bien gentille. Elle ne demande jamais à ses petits qui gambadent dans la neige de mettre leur cache-nez ou leur petite laine. Parce que leur petite laine, ils l’ont en permanence sur eux. L’hiver, alors que l’animal vit dans les Pyrénées, à 800 à 2 300 mètres d’altitude, il se revêt d’une triple couche de poils : tout d’abord, le duvet en dessous, couche laineuse de 2 à 3 centimètres d’épaisseur, qui tient lieu de sous-pull.

Totalement imperméable et isolante grâce à la présence d’une épaisse strate de graisse produite par des glandes sébacées. Au-dessus du duvet, une couche de poils de jarre courts (2 à 4 centimètres) ; les poils de jarre étant une sorte de crin épais, long et raide. Et pour finir, couronnant le tout, une deuxième couche de poils de jarre longs (5 centimètres et plus), surtout autour du cou (un petit cache-col, on ne sait jamais), des épaules, de l’échine et du poitrail. Il se paye même le luxe de revêtir ses naseaux de poils, et puis sa queue est très courte, empêchant une déperdition de chaleur, parce que c’est par les extrémités que l’on se refroidit.

En outre, en dessous de toutes ces couches aussi isolantes qu’un Thermolactyl, l’isard est une vraie bouillotte. Sa température corporelle normale monte à 39,5 °C, notamment parce que la bête est un ruminant et, comme pour tous ceux de son espèce, les bactéries qui peuplent sa panse fermentent en permanence, produisant de la chaleur.

 

Mortalité hivernale

L’été, en revanche, l’isard, sans tomber dans le Bikini, se dévêt légèrement et, d’avril à septembre, il ne conserve que la couche intermédiaire, et la couche de duvet devient nettement plus fine. On pourrait croire d’ailleurs qu’il supporte moins la chaleur que le froid puisqu’il fréquente alors surtout les versants ombragés des montagnes. En fait, c’est plus vraisemblablement parce qu’il s’abreuve essentiellement de l’eau de la rosée déposée sur les plantes.

Malgré tout, même si ces tactiques de protection contre le froid sont efficaces et communes à beaucoup d’espèces vivant dans des conditions de grand froid, cela n’empêche pas l’hiver d’être la mauvaise saison pour l’isard, dont le taux de mortalité explose à ce moment-là, essentiellement à cause des avalanches et, surtout, de la raréfaction de la nourriture.

Généralement, les animaux ont mis au point des systèmes antigel étonnants. Comme le manchot, dont les pattes ne sont pas protégées : il possède un système d’irrigation sanguine saugrenu et parallèle qui n’y envoie pas un sang chaud venu du coeur et qui lui ferait perdre une énergie  considérable, mais un sang déjà frais qui maintient ses pattes à une température un peu supérieure à 0, alors que le reste de son corps avoisine les 40 °C. Pas si bêtes que ça !

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Photo credit: Elsa66 via photopin cc