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Anosmie : une exposition sur la perte d'odorat, un sens essentiel

Une exposition qui sensibilise à l'odorat et à la perte d'odorat

A l’occasion des 10 ans de radio CHU, et pour sensibiliser le public à l’asnomie, c’est-à-dire la perte d’odorat, Eléonore de Bonneval, photoreporter, a réalisé des témoignages de personnes touchées qu’elle présente dans une exposition à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux jusqu’au 2 mai 2014.

L’aveugle ne voit pas, le sourd n’entend pas. L’anosmique, lui, ne sent pas. Un handicap invisible qu’Eléonore de Bonneval a décidé de prendre en photos et d’exposer au CHU de Bordeaux au mois d'avril 2014. Le premier espace de l’exposition est une invitation à lever le nez pour redécouvrir certaines odeurs. « Nous avons créé un jardin vertical avec plusieurs notes olfactives, explique la commissaire de l’exposition. On peut ainsi sentir l’odeur de l’herbe coupée, du Mustela ou de la lavande. » On apprend ensuite les liens entre odeurs, mémoire, émotions et… goût. « Sans odorat, la palette de goûts est extrêmement réduite et se limite au sucré, salé, amer, acide, note-t-elle. Les anosmiques ont tendance à manger plus salé et à préférer les aliments croquants pour compenser le manque de goût. » Le rôle social des odeurs est évoqué également, parce que sans odorat, une promenade en sous-bois ou un repas en famille n’ont plus la même saveur.

Un sens olfactif mis sous verre

5 % de la population est touchée par ce handicap, tandis que les hyposmiques, qui conservent seulement une partie de leur odorat, représente 15 % de la population. Outre les asnomies congénitales, le développement de ce handicap peut venir de plusieurs facteurs : grippe ou rhinite qui ne guérit pas, traumatisme crânien, maladie inflammatoire, polypose nasale, cigarette. Elles sont guérissables dans certains cas, mais pas toujours. Certains neurologues pensent même que certains types d’anosmie pourraient constituer une phase préliminaire de maladies neurodégénératives du type Alzheimer ou Parkinson.

Verrière symbolisant l'isolement des asnomiques
Sous une cabane de verre, de superbes clichés sont exposés : on entre dans l’univers du malade. « La verrière symbolise cette coupure sociale énorme ressentie par les gens asnomiques, explique Eléonore de Bonneval. C'est en effet une image qui revient souvent. Une personne anosmique m'a confié ainsi qu’elle a l’impression de vivre constamment derrière une fenêtre. Une autre, de vivre dans sa bulle. Une autre encore, de vivre sous vide. »

 

L’exposition Anosmie est présentée au Centre François-Xavier Michelet de l’hôpital Pellegrin (Bordeaux) du 10 avril au 2 mai 2014 à l’occasion des 10 ans de radio CHU