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Le sable de Mimizan est-il différent de celui de Contis ?

Le sable de Mimizan est-il différent est-il différent de celui de Contis ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Les querelles de clochers peuvent nous amener jusque sur la plage.
Chacun y allant de son chauvinisme, il est aisé de dire que notre sable est plus beau, plus fin et plus clair que celui du voisin. Mais est-ce que le sable peut varier entre le nord et le sud de l’Aquitaine et même entre deux communes ? Pour répondre à cette épineuse question, sans parti pris, il faut prendre la distance et la hauteur que nous offrent l’histoire mais aussi les Pyrénées
 

Laurent Londeix, géologue au sein du laboratoire Epoc (Environnements et paléo-environnements océaniques et continentaux), explique : « Le sable aquitain a une histoire très ancienne.Il faut d’ailleurs distinguer l’âge des grains et l’âge du dépôt. Pour compliquer les choses, l’âge de l’érosion est encore différent.
Le sable est le produit de l’érosion des roches du Massif central et de celles de la première chaîne des Pyrénées formée il y a 300 millions d’années. »
 

Âgé de 3 millions d’années

Le sable que l’on foule aujourd’hui sur nos plages, est, lui, transporté par l’Adour et la Gironde. Âgé de 3 millions d’années, il est issu des roches cristallines, du granit et des roches métamorphiques des Pyrénées et du Massif central. Celles-ci contiennent beaucoup de quartz, qui a l’avantage d’avoir une bonne résistance chimique et mécanique. Car l’acidité de l’eau de pluie va altérer et même dissoudre les autres minéraux.

Le quartz de nos plages, arraché à la roche avec un peu de grenat et de zircon (eux aussi résistants), est poli par la force de l’eau avant de se retrouver sur le littoral.
Ces stocks de sable sont mélangés et deviennent homogènes lors de leur transport dans les rivières, avant d’être déversés par la Gironde dans l’Atlantique. Il est donc impossible qu’il soit différent d’une extrémité à l’autre de notre région.

Pour laisser libre cours aux débats des chauvins, admettons – à la limite – que tel sable peut être un peu plus fin que son voisin car « les courants marins, en fonction de leur intensité, vont opérer un tri et calibrer ce sable ».

Pour briller lors des dîners en ville, affirmez plutôt que l’Aquitaine a eu un sable aussi blanc que celui des Caraïbes. Il y a 170 millions d’années, ce sable provenait alors des roches calcaires. Encore plus « récemment » (plus de 20 millions d’années), nous avions des plages blanches car issues de coquillages.
Un détour par Saucats (33), à 50 kilomètres des côtes actuelles, le prouvera.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Alexandre Marsat

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