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Quels sont nos degrés de ressemblance génétique ?

Quels sont nos degrés de ressemblance génétique ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

La légende veut que l’homme descende du singe et parfois, on se demande si certains n’ont pas loupé une marche. Il convient donc tout d’abord de réfuter cette idée reçue : nous avons sûrement un ancêtre commun avec notre cousin velu, bien que l’on n’en ait pas encore trouvé de traces concrètes, mais l’homme n’est pas un singe qui a évolué. Nous avons le même arbre (généalogique) mais pas la même branche. Nous sommes de la même famille (les hominidés), c’est au niveau du genre que nous divergeons : « homo » pour nous, « pan » pour eux.


La différence s’est opérée sans doute il y a 6 à 8 millions d’années, même s’il faut rester prudent : certains avancent le chiffre de 14 millions.
Mais le temps ne fait rien à l’affaire : la carte génétique du chimpanzé commun ne montre que 1,23 % de divergence entre lui et l’homme. Elle atteint 1,6 % avec le gorille et 3,1 % avec l’orang-outan. Il y a ainsi moins de différences entre l’homme et les grands singes (chimpanzé, gorilles et orangoutan) qu’entre les grands singes et les autres espèces simiesques : 7 % entre notre alter ego chimpanzé et le macaque rhésus. « D’ailleurs, les Anglo-Saxons font clairement la distinction sémantique entre les grands singes qu’ils appellent « apes » et les autres qui sont les « monkeys », souligne Didier Lacombe (1).


Cet à peine plus de 1 % de disparité représente dix fois plus de différences génétiques qu’entre humains, où cela tourne autour des 0,1 %. Autant dire que si, après un temps d’hésitation provoquée par la découverte de notre proximité avec le chimpanzé, la communauté scientifique a décidé de ne pas l’intégrer dans la catégorie « homo », elle estime qu’il faudrait séparer les grands singes des autres dans la classification des espèces.
Surtout, la comparaison des gènes individuels n’est pas forcément la seule possible, puisque l’homme en possède relativement peu : 22 000 alors que le maïs en a 50 000. Au niveau du génome, c’est-à-dire de la manière dont ces gènes s’assemblent dans l’ADN, la différence passe à 4 ou 5 %.


Mais on réalise que le vivant est une grande famille, en considèrant les gènes qui déterminent notre capacité d’évolution. À ce stade-là, que ce soit avec le poisson, la mouche ou le vers de terre, nous possédons des similarités troublantes. Alors si vous avez envie de donner des noms d’oiseau, ça restera toujours assez proche de la réalité, génétiquement parlant.

(1) Chef du service de génétique médicale au CHU de Bordeaux et du laboratoire MRGM «€Maladies rares€: génétique etmétabolisme€» (universités Bordeaux€1 et Bordeaux-Segalen)

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : owenbooth via photopin cc