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D’où vient la houle ?

D’où vient la houle ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Après quelques brasses dans l’océan, le phénomène se reproduit régulièrement : on est persuadé, en sortant de l’eau, que notre serviette se situera juste en face de là où on est entré. Et pourtant, elle se situe plusieurs mètres sur la gauche.
Un phénomène lié à la houle. Mais encore faut-il faire la différence entre vague et houle. Car dire que la houle et les vagues sont la même chose, c’est comme penser que truite et poisson, c’est pareil… La houle, c’est un type de vague, parmi tant d’autres.
« Une vague va naître à l’interface de deux fluides : l’eau et l’air. Si l’eau est au repos, c’est que les deux fluides s’équilibrent. Un équilibre précaire puisqu’il peut être perturbé par des phénomènes agissant sur l’eau. Pour que mes étudiants comprennent comment les vagues naissent, s’organisent et se régularisent, je leur dis de jeter un caillou dans une mare », explique Philippe Bonneton, directeur de recherche CNRS au laboratoire Epoc (Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux) de Talence.
Quand le caillou touche l’eau, les vagues sont hétérogènes, puis elles deviennent régulières en s’éloignant du lieu de la perturbation. On dit alors que la longueur d’onde des vagues est homogène. Ainsi, on parle de houle quand les vagues ont pris naissance en pleine mer lors d’une tempête.

Naissance au Groenland

« La houle, ce sont des vagues qui ne naissent pas où l’on se trouve, mais apparaissent à plusieurs milliers de kilomètres de nos côtes, là où agissent de fortes dépressions », précise le chercheur. Le vent va créer une onde donnant de la houle qui se diffusera loin du lieu de perturbation. En bord de mer, certaines vagues se forment par le souffle de l’air, on appelle ce phénomène la « mer de vent ».
Comme la grande majorité de ces dépressions ont lieu en Atlantique Nord, on a l’habitude de dire que notre houle vient du Groenland. Cette provenance nord-ouest explique donc que notre nageur dérive vers le sud, et ne reste pas face à sa serviette.
De même, elle explique en partie le sens de l’érosion et la sédimentation, puisque la houle pousse les sédiments du nord vers le sud. On comprend mieux pourquoi la pointe du cap Ferret tend alors vers le sud.
Les surfeurs affectionnent particulièrement les ondes longues et régulières de la houle. Et s’ils se donnent rendez-vous au Pays basque, c’est que le plateau continental affaiblit moins la houle qu’au nord de l’Aquitaine, plus étroit.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier

Alexandre Marsat

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