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Pourquoi le moustique pique-t-il ?

Pourquoi le moustique pique-t-il ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Dans le top 10 des bestioles que l’on déteste, le moustique se place plutôt bien. La mygale, on n’aime pas trop mais elle a la délicatesse de ne pas produire ce subtil bourdonnement qui nous met les nerfs en pelote à 2 heures du matin, quand on ne pense qu’à dormir. Et si ce n’était que ça... mais c’est qu’elle pique, la bestiole.

Comme chacun sait, c’est la femelle qui se livre à cette activité. Le mâle, courtois, se nourrit de nectar et d’eau. Mais si la femelle pique, c’est pour ses petits : tout de suite après l’accouplement qui a lieu à l’aube ou au crépuscule, elle a besoin de sang pour apporter des protéines à ses œufs qui ne pourraient se développer sans ça.
Elle se met donc en quête de sa proie, c’est-à-dire vous et moi. Pour cela, contrairement à une idée répandue, elle ne se fie pas à la lumière, qui l’indiffère.

Elle cherche à la fois un flux de dioxyde de carbone qui indique qu’un être vivant respire, puis une odeur caractéristique. Les deux vont de pair : l’odeur seule ne suffit pas, car elle ne prouve pas que l’animal est vivant. Raison pour laquelle elle n’est pas sensible à un flux continu de gaz, mais à un flux entrecoupé qui correspond à la respiration.

Une fois ceci détecté, elle s’approche et repère, à l’odeur, l’endroit le plus propice à la piqûre. C’est là qu’intervient la grande injustice entre les êtres humains, entre ceux qui ne sont jamais piqués et ceux qui passent l’été couverts de cloques. Équipé de 75 récepteurs d’odeurs différents, qui permettent de capter un grand nombre de fragrances, le moustique choisit celle qui lui paraît la plus adaptée. Nos odeurs corporelles sont en effet provoquées par les bactéries sur la peau. En 2012, des chercheurs néerlandais ont découvert que certaines bactéries (et donc odeurs) attirent davantage les moustiques que d’autres. Les listant, ils ont dégagé une constante : plus on porte de bactéries, et moins cette faune bactérienne est variée, et plus on est piqué.

Son choix fait, le moustique perfore l’épiderme avec ses maxilles, pièces buccales en forme de couteau dentelé, et plonge sa trompe dans le trou pour aspirer le sang. Pour éviter la coagulation pendant l’aspiration, le moustique introduit d’abord sa salive qui contient un anticoagulant. C’est lui qui provoque des démangeaisons, en irritant des mastocytes, cellules de la peau qui sécrètent alors de l’histamine. Si on ne réagit pas, le moustique aspire deux fois, voire trois fois son poids. Si au moins il pouvait faire tout ça en silence…

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit: Gros moustique via photopin (license)