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Pourquoi a-t-on le mal de mer ?

Pourquoi a-t-on le mal de mer ?

Les Irlandais, qui n’aiment pas la mer parce qu’ils ont sans doute d’autres moyens de tanguer à terre, ont un proverbe : « Avec le mal de mer, au début, on a peur de mourir. Ensuite, on regrette de ne pas être mort. » Même si les Irlandais ont un sens tout méridional de l’exagération, les 25 à 30 % de gens qui souffrent de ce mal leur sauront gré de compatir à leur malheur.

Entre un quart et un tiers de sujets sensibles à la cinépathie, nom générique du mal des transports, c’est finalement assez peu pour ce qui devrait être la norme. Parce que depuis que son lointain ancêtre a quitté l’océan pour évoluer sur terre, l’homme est mieux sur le plancher des vaches, et son sens de l’équilibre s’est adapté à cette stabilité.
C’est cette harmonie des sens que vient rompre sournoisement le fait de se retrouver dans un bateau secoué par des vagues. Car on est renseigné sur notre position dans l’espace par trois systèmes différents : la vue, évidemment, mais aussi le système musculaire, qui travaille discrètement à nous maintenir dans notre équilibre précaire de bipède, et enfin l’oreille interne.


De l’oreille interne au nerf vague



Organe de perception du déplacement, c’est elle qui coordonne le tout grâce à un système qui peut s’apparenter au niveau à bulle des maçons. Située des deux côtés de la tête, l’oreille interne contient trois canaux, orientés en fonction des trois directions spatiales, qui sont tapissés à l’intérieur de petits cils sensoriels. Ces canaux sont inondés d’un liquide dans lequel flottent de petites billes en carbonate de calcium, les otolithes. Lorsqu’on bouge, ces otolithes frottent les cils et leur indiquent dans quelle direction et dans quelle proportion on évolue. C’est là que ça se gâte en mer : les yeux voient que l’on est immobile et les muscles sentent bien qu’ils ne font pas les mouvements que notre oreille interne enregistre, d’où conflit. Et comme l’oreille interne est reliée au nerf vague (le bien nommé !) qui dessert tout l’abdomen, celui-ci se met à sécréter de l’acétylcholine, un neurotransmetteur qui ralentit la fréquence cardiaque, contracte le tube digestif et accroît la sécrétion de sucs digestifs et de salive. Bref, on est « barbouillé ». C’est le même mécanisme pour la voiture, l’avion, voire certains jeux vidéo. Pas de honte à avoir : personne n’est à l’abri de souffrir un jour du mal de mer, pas même les marins les plus aguerris. Ni les poissons dans certaines circonstances : placés dans des aquariums embarqués en avion, ils ont une sorte de « mal de mer ». Bien fait !

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Rowan Heuvel