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La pelote basque est-elle une simple balle ?

La pelote basque est-elle une simple balle ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Sur tous les frontons, murs à gauche, au grand air ou fermés, elle rebondit après avoir produit un son sec. La pelote basque tout aussi célèbre que les paysages du pays semble de facture simple. Seules les règles et les différentes variantes de ce sport paraissent compliquées pour le profane.

Et pourtant, fabriquer une pelote basque n’est pas accessible à tout le monde. D’ailleurs des deux côtés des Pyrénées peu d’artisans en élaborent. Installé à Ascain, à 8 kilomètres des célèbres trinquets ou jaï-alaï de Saint-Jean de Luz, Ander Ugarte, le patron de Punpa, fourni passionnés et pro.

Avant de commencer son explication et de décomposer la pelote, il la lance contre le sol de son atelier qui longe la Nivelle. La balle claque et rebondit avec la même force que le lancer. L’explication peut commencer. « Le latex a donné un son et un rebond particulier à la pelote. Arrivé au XIXème via Bilbao, son utilisation a été répandue dans tout le Pays basque ». Ce rebond, essentiel à pelote basque, va modifier la pratique. Le laxoa, le rebot et le pasaka, jeux au rebond se développent.

A la même époque, la balle, fabriquée auparavant avec des chiffons, se durcit et se réduit (jusqu’à 15 cm avant, contre 6 cm, en moyenne, aujourd’hui).

La pelote et les gants vont alors évoluer avec la maîtrise de la fabrication et vice-et-versa jusqu’au début du XXème siècle où toutes les modalités de la pelote sont dès lors fixées.

La fabrication est alors aussi précise que les règles du jeu.

Du buis à la peau de chèvre

Au départ, une bille de buis ou de gomme de 20 à 36 millimètres, est sélectionnée selon le type de pelote pour laquelle elle est destinée. La première étape consiste à l’enrouler de latex en ruban.

Puis, un fil de laine vierge est lui aussi enroulé et tassé par-dessus. Sa quantité est réglementée en poids et en diamètre. Le fil peut faire plusieurs centaines de mètres. Un fil de coton est soigneusement cousu au-dessus pour que la laine ne regonfle pas. Et un faux-filage rend solidaire les deux derniers matériaux.

Seule la dernière étape est connue de tous car c’est l’aspect visible mais aussi tactile de la balle : deux huit taillés dans une peau de chèvre. Les deux peaux sont ajustées et tendues sur la balle au fur et à mesure grâce à une ultime couture précise.

Il n’y a plus qu’à prendre la pelote, la tester. Elle claque, elle rebondit…direction le fronton.
 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Alexandre Marsat

Alexandre Marsat

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