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Comment se créent les cirques ?

Cirque de Gavarnie

FLÂNEUR DES SCIENCES

Cela fait partie des mystères de l’enfance : pourquoi les adultes font-ils tant de cas du cirque de Gavarnie alors même qu’il ne passe jamais dans le coin, contrairement à ses confrères Gruss et Zavatta où, en plus, il y a des lions et des tigres qui sautent dans des cerceaux en feu ?
En grandissant, on corrige ces petits problèmes de terminologie en se rendant compte que le terme de « cirque » tient à la forme arrondie de cette masse rocheuse de 4 kilomètres à sa base, située à 1 675 mètres d’altitude et de 14 kilomètres de long à sa crête qui culmine à plus de 3 000 mètres. Circulaire comme un chapiteau avec le ciel des Pyrénées au-dessus de la tête. Mais comment arrive-t-on à cette sorte de perfection naturelle qui a conduit à l’inscription du site au Patrimoine mondial de l’humanité en 1997 ?
« Le cirque de Gavarnie fait partie d’un ensemble de trois cirques qui sont très représentatifs de l’ensemble des cirques glaciaires », estime Catherine Ferrier, directrice adjointe du laboratoire Pacea et spécialiste en géologie.
Les deux autres sont ceux de Troumouse et d’Estaubé, et leur histoire est rigoureusement semblable à celle du plus connu d’entre eux. Semblable aussi à celle de tous les cirques, formation qui n’a rien d’extraordinaire d’un point de vue géologique même si elle est spectaculaire d’un point de vue esthétique.

Un glacier de l’ère quaternaire

À l’origine, il y a d’abord ces légers creux que l’on trouve toujours en montagne à l’endroit d’où jaillit une source, dépression créée par l’érosion due à l’eau. Durant les phases froides de l’ère quaternaire, commencée il y a 2,6 millions d’années, à l’époque où la calotte glaciaire s’étendait jusqu’au sud de l’Angleterre actuelle, un glacier s’est créé à cet endroit des Hautes-Pyrénées, résultant de l’accumulation d’une neige ne fondant jamais et se tassant sous son propre poids. Le front de ce glacier allait jusqu’à Lourdes et Arudy.
Au fond, à Gavarnie, la glace accumulée poursuivait l’érosion entamée par l’ancien ruisseau, accroissant les proportions du demi-cercle.
D’autant plus qu’aux périodes de glaciation succédaient des phases de réchauffement, et comme ça une vingtaine de fois en quelques dizaines de millénaires. L’orientation vers le nord qui maintenait la glace plus longtemps, le type de roches et leur résistance moindre aux frottements de l’eau ont d’autant plus contribué à accentuer la taille du cirque. Mais pas à faire sauter des lions.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Claude Gaudin