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Comment l’Aquitaine a-t-elle un pied partout dans le monde ?

Comment l’Aquitaine a-t-elle un pied partout dans le monde ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Après nous être interrogés sur la présence de jambes sur les p’tits bateaux dans une précédente chronique, passons à un autre moyen de transport : l’avion. Là, pas d’erreur, il y a bien des jambes, c’est le train d’atterrissage. Qui permettent à l’Aquitaine de poser le pied partout dans le globe au rythme d’un atterrissage toutes les 2,5 secondes. La responsabilité de cette omniprésence discrète de la région incombe à Messier-Bugatti-Dowty et plus exactement à son usine de Bidos, dans les Pyrénées-Atlantiques. Lointaine descendante de l’entreprise créée par George Messier en 1928, MBD est leader mondial du secteur avec environ 23 000 avions civils en circulation équipés de ses trains, fabriqués en grande partie dans l’usine pyrénéenne inaugurée en 1938.
À l’origine de l’aviation, et après des débuts épiques où les jambes du pilote firent parfois office de train d’atterrissage, ce dernier n’était pas essentiel.
Souvent inspiré du modèle à quatre roues, genre caisse à savon, il faudra attendre l’amélioration des performances des aéroplanes pour qu’on se penche sur le problème. Ce n’est qu’à la fin des années 1920, à l’époque où George Messier crée son entreprise, que l’on développe le train rentrant, qui permet d’améliorer nettement l’aérodynamisme. Ce n’était pas compliqué, en théorie : les oiseaux font ça eux aussi, ils replient les pattes pour voler. La différence, c’est que pour l’A340 il faut une structure capable de résister à l’énergie cinétique créée par l’atterrissage et la décélération d’un oiseau de 55 tonnes qui doit passer de 250 kilomètres-heure à l’immobilité en trente secondes. Et de le faire 80 000 fois en vingt ans de durée de vie théorique.
Désormais, la plupart des avions sont équipés d’un train « tricycle » : un train principal en retrait du centre de gravité de l’appareil, qui absorbe l’essentiel de l’énergie cinétique, et un train avant qui assure l’équilibre et la manoeuvre.
Avant, le modèle dit « classique » était inversé, avec une roue à l’arrière : on avait besoin de moins de vitesse pour décoller, l’avion étant déjà incliné pour prendre un maximum d’air. Parfois, même, au lieu d’une roue à l’arrière, c’était un simple crochet qui assurait l’équilibre et labourait la piste d’atterrissage pour un freinage… sportif.
L’histoire retient d’autres systèmes folkloriques, comme celui du Messerschmitt Me 163, qui ne se servait de roues que pour le décollage et les jetait ensuite pour gagner du poids, atterrissant au petit bonheur sur des patins. Pour un Airbus, c’est un peu chiche… même en low-cost.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier