Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Le climat sous l'angle régional

La plupart des projets dans ce domaine sont à ambition nationale mais dès qu'on se rapproche des acteurs, on change de registre

Le Labex COTE avait invité Laurent Lepage en tant que grand témoin lors de son forum sur le changement climatique en Aquitaine. Le spécialiste québécois en sciences de l'environnement salue cette approche régionale.

Une approche régionale d'un problème global, doublée d'une conception transdisciplinaire regroupant scientifiques, administratifs et associations. Le forum "Le changement climatique en Aquitaine : contraintes et opportunités" était l'occasion pour le laboratoire de faire le point sur les problématiques sur lesquelles travaillent les 200 chercheurs en sciences de l’environnement (biologie, physique, chimie, sciences humaines et sociales) qu'il fédère. Et pour Laurent Lepage, professeur à l'UQAM (université du Québec), de saluer une démarche innovante.

Vous semblez surpris de voir que le problème du changement climatique est traité ici de manière régionale ?
Il y a très peu d'approches de ce type dans le monde. Au Québec par exemple, ça n'existe pas. J'ai même l'impression que c'est une première. Mais ça ne durera pas : le milieu universitaire est tricoté serré et tout ce qui se fait est copié. Ça le sera sûrement bientôt.

L'approche locale vous semble plus pertinente ?
Oui. La plupart des projets dans ce domaine sont à ambition nationale mais dès qu'on se rapproche des acteurs, on change de registre. Dès qu'on se rapproche des vrais choix, ça devient un défi de créer des espaces de dialogue. J'ai été frappé ici par la critique des approches « top-down ». Il y a plus de place pour le dialogue et la place des communautés. L'enjeu, la plupart du temps est de réconcilier des intérêts qui vont a priori dans le même sens tout en maintenant des pratiques établies. On n'est pas ici dans une approche où l'on se croise les doigts en espérant des choix politiques.

La pluridisciplinarité de la démarche du Labex COTE a également retenu votre attention ?
Le Québec avait pris de l'avance en créant un consortium de chercheurs depuis longtemps mais comme il est très sectorisé, finalement, on se retrouve au même niveau aujourd'hui. Quand on arrive à la problématique où les choix politiques deviennent urgents, il y a une nécessité de croiser les regards. Ce n'est que comme ça que les mutations s'opèrent. Ça fait 20 ans que j'entends parler d'interdisciplinarité mais je ne pourrais pas vous en citer cinq exemples. Alors qu'ici, il y a quelque chose qui est l'annonce d'une deuxième génération de chercheurs sur le climat.