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En quoi la navette Greenboat est-elle écolo ?

En quoi la navette Greenboat est-elle écolo ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

On ignore toujours si les p’tits bateaux qui vont sur l’eau ont vraiment des jambes, comme l’affirment certains adultes à une jeunesse crédule. Toujours est-il que s’ils n’en ont pas, il faut bien qu’ils avancent autrement.
Pour les bateaux transportant des passagers, l’absence de membres inférieurs se traduit généralement par le recours au moteur gazole, plus polluant encore que celui d’un 36 tonnes : environ 40 litres de l’heure pour une navette moyenne, comme celles qui vont apparaître ce printemps sur le bassin d’Arcachon (57 passagers et 20 vélos).
Sauf que là, ce ne sera pas la même chanson : le navire sera équipé d’un moteur hybride diesel-électrique, l’électricité étant fournie par des batteries lithium-ion qui permettront d’économiser au moins 30 % de gazole pour une puissance équivalente.
C’est la base du concept Greenboat développé par les chantiers Dubourdieu à Gujan-Mestras.

Motorisation électrique

Concept poussé encore plus loin pour les navettes qui entreront en service à la même époque à Bordeaux. Là, la motorisation est entièrement électrique, fournie six heures par jour par deux de ses batteries. Le reste du temps, un générateur électrique, alimenté au gazole, fait fonctionner le moteur et recharge les batteries.
Développées depuis le début des années 1990, ces batteries présentent une forte densité énergétique et une grande énergie massique, c’est-à-dire qu’elles produisent beaucoup d’énergie par rapport à leur volume et leur poids. Ceci notamment parce que le lithium, métal mou argenté, est le plus léger des éléments solides. Pas étonnant que la Saft, qui les fabrique à Bordeaux, en équipe aussi les satellites météo de la Nasa ou ceux du système Iridium de Thales, entre autres.
Mais le Greenboat n’est pas écolo que par son moteur. Emmanuel Martin, patron des chantiers Dubourdieu, veut que ses bateaux soient « entièrement éco-conçus : il faut une approche écologique de leur conception, de leur vie et de leur fin ». C’est ainsi que les navettes arcachonnaises ont abandonné les bois exotiques pour être construites entièrement en bois locaux : pin des Landes, acacia, et fibre de lin à la place des fibres de verre pour l’époxy. Quant aux navettes bordelaises, elles sont en aluminium, qui présente un bilan carbone douteux à la fabrication, certes, mais qui est 100 % recyclable.
Et pour les jambes, on ne sait toujours pas ?

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : chantiers Dubourdieu