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Erosion : Faut-il reculer les villes des côtes ?

L'érosion qui grignote entre un et trois mètres de sable par an, parfois jusqu’à 6 mètres a un impact environnemental et économique. PHOTO PIERRE BAUDIER

Sept communes littorales françaises réfléchissent depuis un an au moyen de lutter contre le recul du trait de côte. De la simple protection à la relocalisation, toutes les solutions sont envisagées. Exemples sur la côte aquitaine. 

Lacanau et La Teste de Buch en Gironde, Labenne dans les Landes font partie des sept communes françaises engagées avec le ministère de l'écologie dans une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour s'adapter à l'érosion côtière. Dans la région, d'ici 2040, ce sont 2 233 hectares qui seront victimes de cette érosion (soit l'équivalent de 3 127 terrains de football). Le GIP littoral aquitain coordonne les actions et a entrepris une vaste consultation pour définir les enjeux et proposer des solutions : « On a changé de paradigme : au lieu de lutter contre les éléments, on fait avec » souligne Martin Renard, géographe recruté pour cette mission. Et ce, puisque l'urgence est absente, sans s'interdire quoi que ce soit puisque les solutions envisagées vont jusqu'à la relocalisation, c'est-à-dire la destruction des bâtiments et leur reconstruction plus en retrait.

Mais le repli stratégique face à l'érosion qui grignote entre un et trois mètres de sable par an et jusqu'à 6 mètres dans des cas extrêmes revêt des formes et des difficultés variables.

A Labenne, il s'agit simplement de démonter et reconstruire plus loin des constructions légères comme des postes de secours et quelques commerces. D'autant plus simple que le terrain touché est entièrement dans le domaine public.

 

1200 appartements concernés par le recul de la côte

A La Teste de Buch, sur le bassin d'Arcachon, le problème est légèrement différent : ce sont cinq campings qui apportent 85% des taxes de séjour qui sont concernés par le recul de 3 à 4 mètres annuels de la Dune du Pyla.

Mais c'est à Lacanau que les solutions les plus spectaculaires sont envisagées. Déjà, par gros coefficients de marée, la plage principale est entièrement recouverte par l'océan. Entièrement dépendante des revenus liés au tourisme, la commune a décidé de réfléchir dès à présent de ce qu'elle doit faire d'ici 2040 des plus de 1200 appartements et autres commerces qui risquent être touchés par le recul côtier évalué à 1 mètre par an par le BRGM dans un rapport de 2011.
Toutes les solutions sont mises sur la table, en concertation avec la population et ses représentants.

L'objectif du GIP n'est pas de concevoir un plan de retrait mais de « lister toutes les portes fermées que l'on rencontre, d'essayer de les ouvrir et de présenter différents scénarios au ministère en calculant les avantage coûts-bénéfices. » Un travail « essentiellement juridique et financier » car rien dans la législation ne prévoit actuellement de tels scénarios. La loi de 1807 sur les catastrophes naturelles ne prend pas en compte ce cas de figure. Même si l'objectif reste de travailler le plus possible avec les règles du droit actuel, il sera peut-être inévitable de le modifier. Les conclusions de ces travaux sur « un nouveau mode de gestion jamais pratiqué en France » sont attendues pour fin 2014.