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Pourquoi le bassin d’Arcachon pourrait-il devenir un lac ?

Pourquoi le bassin d’Arcachon pourrait-il devenir un lac ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Il suffit de se plonger dans une carte pour le constater : le bassin d’Arcachon est une anomalie. Il est étrange que, du Médoc aux Landes, s’égraine un chapelet de lacs alors qu’au milieu il y a ce bassin ouvert sur l’Océan. À l’origine, il n’y avait aucune différence entre ce qui allait devenir les lacs et ce qui n’était pas encore le Bassin : c’étaient des embouchures de petits fleuves côtiers se jetant dans l’Océan. Petit à petit, sous l’influence des courants marins et des cours d’eau qui apportaient du sable régulièrement, des « flèches de sable » se sont créées, comme celle du Cap-Ferret, qui ont grandi et ont fini par obturer complètement l’entrée des lagunes. Ce n’est pas si vieux que ça : entre 3 000 et 6 000 ans.


Dans ces conditions, comment se fait-il que le bassin d’Arcachon soit resté ouvert alors que les autres se sont fermés ? À vrai dire, c’est presque un mystère. Ce qui est certain, c’est que, à quelques détails près, l’endroit a sa forme actuelle seulement depuis 2 000 à 2 500 ans. Le processus est le même que pour les lacs : une flèche sableuse se crée qui progresse peu à peu puis… s’arrête. La Leyre serait à l’origine du maintien d’une passe vers l’Océan en raison de sa taille et de son débit : peut-être ce fleuve au nom incertain (la Leyre ou l’Eyre ?) était-il plus gros que les autres, et dans ce cas son courant aurait déblayé le sable pour se bgarder une ouverture vers l’Océan.
Peut-être cela tient-il aussi à la dérive littorale qui apporte (ou enlève) le sable marin et qui est très différente d’un point à l’autre de la côte.


On le constate encore de nos jours : alors que l’érosion est spectaculaire au Verdon, avec un recul de la côte de plusieurs centaines de mètres en un siècle, elle est stable ou en léger recul ailleurs.
Ce qui est certain, c’est que la Leyre n’a plus aujourd’hui un débit suffisant pour jouer un rôle dans le maintien des passes, qui est dû uniquement aux courants. Ce qui pourrait conduire à leur fermeture. Mais que l’on se rassure : pour le siècle à venir au moins, même si le niveau de l’Océan augmente de 3 millimètres par an, la houle apporte autant de sable qu’elle en retire.*

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier