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Pourquoi la neige brûle-t-elle ?

Pourquoi la neige brûle-t-elle ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

C’est l’avertissement qui provoqua chez moi le premier doute quant à l’omniscience parentale : « Fais attention en jouant avec la neige, tu risques te brûler ! » En tant que petit Girondin, je ne voyais la neige que tous les trente-six du mois, et l’idée que ce truc froid puisse brûler me semblait tellement incongrue que bon… Et pourtant : on peut douter de ses parents, mais pas tout le temps.
Parce que la neige brûle bel et bien.
Pas comme la chaleur, mais la sensation peut être la même. En cause, une illusion due à la trop grande proximité de nos capteurs sensoriels. Ceux du froid intense (- 20°) sont situés juste à côté de ceux de la chaleur supérieure à 44°. Résultat : le cerveau se trompe entre les deux signaux et seule la vision de nos mains glacées rétablit la vérité et module l’alerte à la chaleur lancée par le cerveau. Reste que si notre matière grise se trompe sur les causes, elle prévoit quand même les effets : la gelure, qui est une brûlure provoquée par le froid.
Là, c’est dû aux réactions du corps à toute température trop froide à son goût. La circulation sanguine lui permet en temps normal de se maintenir partout à 37°, température idéale pour la bonne santé de nos cellules. Sentant les extrémités agressées par le froid (la plupart du temps, les mains, les pieds, le nez, les oreilles, voire les joues), le corps prend sur lui de rapatrier un maximum de sang vers les organes vitaux pour leur garantir un bon fonctionnement, limitant l’afflux vers les zones trop froides en diminuant la taille des vaisseaux sanguins (vasoconstriction).
C’est ce qui provoque le blanchissement des zones concernées. Elles refroidissent, et les cellules superficielles, qui ne sont plus à leur température idéale, fonctionnent moins bien ou meurent dans les cas les plus graves. Et comme il n’y a plus l’apport liquide du sang, elles se déshydratent. C’est la brûlure, plus rapide lorsque la peau est exposée à l’air ambiant et qu’il y a du vent qui ne permet pas le maintien d’une humidité résiduelle. Donc, la neige brûle, mais moins vite qu’un petit vent bien froid. Quant aux rougeurs qui apparaissent ensuite, elles résultent de l’échec du sang à atteindre les extrémités où les vaisseaux sont contractés : la pression sanguine les fait éclater et le sang se répand dans les tissus. Vu comme ça, cela refroidit l’envie de faire un bonhomme de neige.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Pierre Baudier