Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Quel est le point commun entre airbags et fusée Ariane ?

Quel est le point commun entre airbags et fusée Ariane ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Les fusées Ariane sont équipées d’airbags ? Non, ce n’est pas vraiment ce qu’on veut dire, les règles de priorité dans l’espace ne rendent pas encore nécessaire l’accessoire dans une fusée. Simplement, les boosters qui permettent à Ariane 5 de s’élancer à 8 000 km/h après son décollage ont le même principe de fonctionnement que nombre d’airbags. Tous sont d’ailleurs conçus à Saint-Médard-en-Jalles par la société Herakles. En fait, c’est le même matériau miracle qui se retrouve dans les deux engins : le propergol, spécialité d’Herakles. Celui-ci se présente sous la forme d’une pâte de la même consistance qu’une gomme à papier, à laquelle on peut faire prendre la forme que l’on désire. Et ses trois propriétés intéressent aussi bien les ingénieurs spatiaux qu’automobiles : il brûle à une vitesse considérable, tellement vite qu’on peut parfois prendre cela pour une explosion ; un volume donné de propergol produit une importante quantité de gaz, toujours constante et connue à l’avance ; enfin, c’est un matériau qui ne s’altère pas aux températures extrêmes que l’on trouve naturellement, et qui reste stable dans le temps.
Chacun des deux boosters d’Ariane 5 contient 235 tonnes de propergol qui brûlent en deux minutes, dégageant 184 millions de mètres cubes de gaz.
Celui-ci n’a qu’un orifice étroit, la tuyère, pour s’échapper de son cylindre, et c’est ce qui provoque la poussée. Dans le cas de l’airbag, seules les quantités engagées changent : quelques grammes suffisent. Lorsque l’accéléromètre enregistre une décélération anormale, il déclenche une petite explosion dans le coeur du noyau de propergol qui se met à brûler immédiatement. Et vite : entre 5 et 8 millisecondes. Cette combustion dégage beaucoup de gaz (azote, vapeur d’eau et dioxyde de carbone) qui s’en va remplir la poche de l’airbag en 40 millisecondes, le temps d’un clignement d’oeil. C’est en 1952 que le principe de l’airbag fut breveté, mais on ignorait encore comment remplir d’air ce grand sac. Ce n’est qu’en 1973 que la SNPE, ancêtre d’Herakles, met au point le système actuel, à peu de chose près. Depuis que la production a commencé, en 1993, 35 millions d’airbags sont sortis de Saint-Médard-en-Jalles, qui s’adjuge 15 % du marché mondial. Cela exclut donc celui de Gaston Lagaffe qui, dans les années 1970, s’étouffait sous celui qu’il avait bricolé sur sa Fiat 509.

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : slasher-fun via photopin cc