Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Pourquoi la truffe du Périgord pousse-t-elle en… Périgord ?

Pourquoi la truffe du Périgord pousse-t-elle en… Périgord ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Tête penchée, nez au creux de la main, ils hument par grandes inspirations le parfum enivrant de la truffe, en Dordogne, où la saison des grands marchés de ce champignon noir est lancée depuis début décembre.
Tous les ans, c’est le même cérémonial de plus en plus médiatique comme pour tous les produits mythiques. Mais une question, peut-être naïve, voire profane, me vient chaque année : pourquoi celle que l’on nomme truffe du Périgord se plaît-elle autant en Dordogne ?
Car la truffe est calcicole


Elle affectionne les sols calcaires ou argilo-calcaires riches en calcium. Mes vieux livres de géologie sont convoqués pour un nécessaire éclairage : les sous-sols de Dordogne, issus de formations géologiques calcaires sont adéquats. La truffe du Périgord, plus précisément la Tuber melanosporum, reconnue pour ses qualités organoleptiques parmi toutes les autres truffes, est donc aussi fortement présente en Provence ou dans le Lot, là où les causses sont favorables à son développement. Et, de manière éparse dans le reste du Sud-Ouest comme en Poitou-Charentes.

Le mycélium, vaste réseau de « racines »

Outre la présence d’un sol calcaire, le milieu doit rassembler de nombreuses caractéristiques physico-chimiques, biologiques et climatiques pour voir la truffe y prendre place.
Aussi fragile que chère, la truffe requiert un climat tempéré pour éviter les gelées tardives. Elle doit trouver son apport en eau lors des étés secs, avec les orages pluvieux dont les sols drainants ne retiendront pas l’eau, pour ne pas la « noyer ».
Là encore la Dordogne est idéale pour répondre à la délicatesse de la truffe qui mérite bien le nom de diamant noir.

Son mariage, nécessaire à la compréhension de son installation en Dordogne est la clef de son développement.
Elle choisit l’arbre avec lequel elle va vivre dans un échange donnant donnant : elle tire de l’arbre les substances organiques dont elle a besoin, notamment des sucres et, en contrepartie, augmente l’apport en eau et surtout en sels minéraux de l’arbre, grâce à son mycélium, vaste réseau de « racines ».
Si cette mycorhization fonctionne bien avec les chênes verts ou pubescents, elle peut se développer sous les tilleuls, noisetiers, charmes…
Là aussi la Dordogne n’est pas en reste.

PRATIQUE

Pour en savoir plus €:
Guide pratique de la trufficulture, Pierre Sourzat
http://www.crpf-lr.com/telechargement/ dossier_sylviculture_truffiere.pdf
http://www.truffefrance.com
http://cemachampi.blogs.sudouest.fr
http://mycor.nancy.inra.fr/index.html

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : CouleurLavande.com via photopin cc

Alexandre Marsat

Voir son profil