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Huîtres : des chimistes bordelais tentent de percer le mystère des toxines

Alors que le test de la souris a été abandonné début janvier au profit du test chimique pour déceler une éventuelle toxicité chez les huîtres, une équipe de chimistes de l’ISM (1) planche actuellement sur les phyco-toxines marines (notamment la gymnodimine et les spirolides) qui sont à l’origine des interdictions à la vente d’huîtres du Bassin d’Arcachon, répétitives depuis 2005.
« Ces familles de neuro-toxines sont produites par le dinoflagellé (phytoplancton) Alexandrium ostenfeldii présent sur les côtes françaises. Lors des efflorescences de ces phytoplanctons, au début de l’été et de l’automne, elles sont ingérées puis concentrées par les coquillages filtreurs comme les huîtres et les moules. Via la chaîne alimentaire, l’homme peut ingérer ces toxines, notamment les spirolides, dont les effets sur la santé sont indéterminés à ce jour.», explique Valérie Desvergnes chargée de recherche à l’ISM. Mais, leur mode d’action est encore peu connu.
Pour comprendre comment elles fonctionnent au niveau cellulaire et moléculaire, le neurobiologiste Jordi Molgo, du Laboratoire de neurobiologie cellulaire de Gif-sur-Yvette, qui travaille sur ces toxines a fait notamment appel aux chimistes de l’ISM.

« Il est difficile d’extraire ces toxines des micro-organismes, et il en faut une grande quantité. Alors, nous les fabriquons par synthèse. C’est un véritable défi car ces molécules sont très complexes ».

L’enjeu est important, car si l’on connaît le mode d’action des toxines, il sera possible de détecter les neurotoxines qui agissent de la même manière. Le test de la souris, maintenu comme dispositif de vigilance pour détecter d’éventuelles toxines inconnues, serait alors bel et bien remplacé.

Photo Pierre Baudier

(1) Il s’agit du professeur Yannick Landais, de Valérie Desvergnes, chargée de recherche CNRS et du docteur Sylvestre Toumieux de l’Institut des sciences moléculaires (UMR CNRS/Bordeaux 1).

Alexandre Marsat

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