Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Cette basilique qui s’est révélée être un palais de 5000 m2…

Les vestiges de la villa gallo-romaine, à Andernos, près de l’église Saint-Eloi et du port ostréicole.

A Andernos-les-Bains, près de l’église Saint-Eloi, en bord de bassin, se dressent les ruines d’une probable ancienne villa gallo-romaine datant de la fin du IVe siècle. Durant tout le XXe siècle, les archéologues pensaient que c’était une basilique…

Article réalisé dans le cadre des "Sciences en collèges" par Elodie Fruteau de Laclos, Emma Alarcon, Cloé Deschamps, Louise Duquenne avec l’aide de Marianne Peyri.

Venus du collège de Marcheprime jusqu’à Andernos en vélo, les élèves ont du affronter une sacrée averse pour venir visiter le site

Imaginez une grosse, grosse maison…de 5000 m² en bordure du bassin d’Arcachon, dotée d’une salle de réception de 300 m2, de 80 petites pièces pour le personnel ou des commerces, le tout situé au IVe siècle, à plus de 150 mètres de l’eau et de la côte actuelle. Telle est l’hypothèse actuelle émise par les archéologues et construite par comparaison avec les autres villas gallo-romaines d’Aquitaine.

Aujourd’hui, il ne reste que les murs de la salle de réception, de forme arrondie et des vestiges de promontoires (supports) où les Romains plaçaient peut-être des statues. Nous les avons visités le 20 juin dernier, guidés par Maud Nicolas-Daniel, chargée de mission à l’office du tourisme d’Andernos-les-Bains. Sur ce site, le plus intéressant est sans doute le chemin accompli par les archéologues pour définir l’usage de cet ancien bâtiment. Tout a commencé en 1852…

Au XIXe siècle, alors que la ville veut déménager le cimetière autour de l’église, des objets, notamment datant du Moyen-Age, sont découverts. Durant ce siècle, l’existence également d’un mur de 150 m de long, daté de l’époque romaine est mise au jour. Ce mur sera détruit, ses pierres serviront à la construction de la mairie et de maisons.

Au musée Louis David d’Andernos, on peut voir des chapiteaux et fûts de colonnes qui ornaient l’ancienne villa

 

Les premières fouilles en 1903

Cependant, c’est surtout en 1903, que les recherches commencent réellement. A l’occasion de l’aménagement d’un parc autour de l’église, les vestiges des murs actuels que nous pouvons voir aujourd’hui, apparaissent. Le maire de l’époque, Louis Théodore David, décide de lancer des fouilles. Des murs en forme d’abside sont mis au jour et laissent penser que se trouvait autrefois ici une basilique romaine. Les archéologues trouvent aussi des sarcophages moins anciens que les murs, des tessons de poteries, des pièces de monnaie retrouvées dans la main des squelettes (1), des bijoux et…un morceau de pierre gravée dans du marbre.

Sur cette pierre, on peut lire une inscription : «…IDIUS EPI… …CLES BOIO… », ce qui pourrait signifier « Elpidius » (qui était sans doute un prénom), évêque de l’église des Boïens. « Les Boïens, ou Boïates, étaient les habitants du pays de Buch » nous raconte Maud Nicolas. « Les archéologues ont pensé à l’époque que cette pierre était une inscription funéraire et que si l’évêque était enterré ici, c’est que sans doute la capitale des Boïens se trouvait à Andernos. Cette nouvelle fit beaucoup de bruit à l’époque. En fait, cette hypothèse s’est révélée fausse dans les années 20 suite à un travail de fouille mené vers Biganos, à Lamothe, qui a démontré l’existence d’un foyer d’habitations très important prouvant que la capitale du Pays de Buch se trouvait sans doute à cet endroit ».

Des photos datant du début des fouilles de 1903Des poteries sigillées et gris bleuté utilisées par les Romains ont été retrouvées sur le site

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1996, les archéologues réfutent l’hypothèse d’une basilique

Ce n’est qu’en 1996, que de nouvelles fouilles reprennent sur le site situé près de l’église Saint-Eloi, les archéologues ayant un doute sur l’usage de ce bâtiment et notamment sa fonction de basilique. « Si c’était une basilique, il y aurait une communication entre l’abside et le déambulatoire, ce qui n’est pas le cas. Le plan des ruines pouvait aussi correspondre à une salle de réception. Ces vestiges pouvaient donc appartenir à une villa romaine aux dimensions de palais », indique Maud. Cette hypothèse est de plus renforcée par la découverte de débris de tuiles et de constructions à l’endroit où avait été trouvée l’épitaphe au début du XXe siècle. Il s’agissait dès lors peut-être seulement d’une dédicace… et non d’une preuve qu’un évêque fut enterré ici. Enfin, l’existence autrefois d’un mur de 150 m près des vestiges pouvait correspondre à une partie de ce bâtiment qui d’après les archéologues, pourrait se révéler être un vrai palais d’environ 5000 m2.

Ce qui est frappant dans l’histoire de ces recherches est aussi la perte de beaucoup d’indices, d’une part parce que les fouilleurs autrefois mélangeaient les couches de terre, d’autre part parce que beaucoup de pierres ont servi à la construction de l’église ou d’autres bâtiments sans compter que le site était ouvert à tous et que de nombreux indices ont disparu.