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Semaine du cerveau : les neuroscientifiques cogitent !

Semaine du cerveau : les neuroscientifiques cogitent !

Où en sont les recherches sur les maladies neuro-dégénératives ? Quelles sont les maladies du cerveau les plus mortelles ? Sur la place Pey-Berland, une ingénieure et une technicienne de l’Inserm sont venues à l’occasion de la semaine du cerveau discuter sclérose latérale amyotrophique, salamandres et astrocytes avec les passants. Tout un programme.

Salamandra robotica  Image ©EPFL Biorobotics Laboratory  (BioRob), Lausanne

Cette semaine, à l’occasion de la semaine du cerveau, sur une place Pey-Berland exposée au vent glacial, des chercheurs de l’Inserm et des représentants d’associations sont venus partager leurs connaissances avec des passants avides d’en savoir plus sur cet organe fascinant.

Alexia Mathou, ingénieure d’étude dans l’équipe pathologie des systèmes moteurs à l’Inserm, fait partie de ces spécialistes qui cogitent sur notre cerveau. « Les travaux de mon équipe de recherche se déclinent en deux axes, dont l’un consiste à étudier le système locomoteur de la salamandre », commence-t-elle. Cet animal est en effet capable de régénérer à volonté tous ses tissus. « S’il perd une patte, elle repousse systématiquement, explique l’ingénieure. Même lorsque sa moelle épinière est lésée, elle se reconnecte peu à peu et l’animal recouvre la locomotion au bout de quelque temps ! »

Pleurodele waltlii mâle adulte Image D.R.Grâce à ce modèle, les biologistes tentent de comprendre comment fonctionne la commande motrice, quelles informations envoie le cerveau à la moelle épinière, comment s’exécute le mouvement et quels sont les retours de ce mouvement. « Cette recherche fondamentale intéressent les roboticiens, qui travaillent en collaboration avec nous, car elle peut permettre de créer des prothèses plus adaptées », précise l’ingénieure.

 

Maladie dégénérative

Dans son deuxième axe de recherche, l’équipe se focalise sur la sclérose latérale amyotrophique. Cette maladie dégénérative, dont on ignore encore la cause, touche les motoneurones. Elle débute souvent par une paralysie partielle de la déglutition ou des mains, qui se propage peu à peu à l’ensemble des muscles jusqu’à empêcher la personne de respirer. Le patient décède de sa maladie 3 à 5 ans après son déclenchement. « C’est une des maladies neuro-dégénératives les plus fréquentes en France, juste après Alzheimer et Parkinson. Mais on n’en parle pas assez », regrette-t-elle.

Coupe du nerf sciatique d'un rat qui souffrait de douleurs neuropathiques. Dans la corne dorsale droit (en haut), on constate que les astrocytes marqués en rouge orangé sont plus concentrés. C'est de là que provient la douleur et ces astrocytes dits "réactifs" contribuent à son maintien. Crédits : Lucie BlaszczykL’équipe, concentrée sur les formes génétiques de la maladie, suppose que la surexpression d’une enzyme située dans et autour de la mitochondrie, la superoxyde dismutase (SOD) entraine des troubles du fonctionnement cellulaire. Pour vérifier cette hypothèse, ils comparent et identifient les différences entre les motoneurones de souris mutantes et de souris sauvages.

 

Douleurs chroniques de type cancéreuses ou neuropathiques

Quant à Aurélie Amadio, technicienne Inserm dans l’équipe relation glie-neurone, elle s’intéresse aux interactions entre les neurones et les cellules gliales. Astrocytes, oligodendrocytes, microglie, ces cellules du cerveau sont des supports aux neurones, mais l’étendue de leurs fonctions reste mal connue. « Je travaille sur un projet visant à comprendre le rôle des astrocytes dans les douleurs chroniques de type cancéreuses ou neuropathiques, explique la technicienne. On a longtemps cru que les astrocytes étaient des éboueurs ou la mère nourricière des neurones, mais depuis une quinzaine d’années, on se rend compte qu’elles ont un rôle beaucoup plus important : ils communiquent avec les neurones, ils sont capable de moduler leur activité.

Ce motoneurone fluorescent, issu de la moelle épinière d'une souris mutée, surexprime l'enzyme SOD. Crédits : Virginie Roques MoralesDans le cas des douleurs chroniques, les astrocytes sont activés et contribuent à maintenir la douleur. » Ainsi, l’équipe teste sur des rats endoloris différentes molécules et en déduit, en fonction de l’amélioration de leur comportement, les voies d’activation de ses molécules.

Le but, à terme, est de fournir des pistes de développement de nouveaux médicaments qui soulageront les malades.

 

La semaine du cerveau a pour but de mobiliser des spécialistes pour sensibiliser le public à l’importance des recherches sur l’organe de la pensée. À Bordeaux d’autres manifestations sont prévues :
- Jeudi 14 mars de 19h à 20h30 à la médiathèque Jacques Ellul (Pessac), conférence de Mireille Montcouquiol, responsable de l’équipe Polarité Planaire et Plasticité à l’Inserm, sur le thème « troubles de l’audition : briser le silence »,
- Jeudi 14 mars de 19h à 21h à Mérignac Ciné, projection du film Happiness Therapy suivie d’un débat sur les troubles de l’humeur et la gestion des émotions avec le Dr Camille Gouzien du centre hospitalier Charles Perrens,
- Dimanche 17 mars de 16h à 18h à Cap Sciences, conférence du Dr Laurent Groc (IINS-CNRS) intitulée « Voyage au cœur des connections neuronales »,
- Jeudi 21 mars de 18h30 à 20h à la médiathèque Jacques Ellul (Pessac), conférence du Pr Dominique Guehl (IMN-CNRS) et du Dr Adbelhamid Benazzouz (IMN-CNRS) sur la maladie de Parkinson.