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Portrait : Nicolas Bouguet

Nicolas Bouguet, apiculteur à Labescau en Gironde

Apiculteur à Labescau en Gironde

Il fait frais pour un printemps et pourtant, les abeilles s’agitent autour de la vingtaine de ruches vertes qui bordent la maison de Nicolas Bouguet. Elles ne servent pas à produire le miel mais à faire de l’essaimage artificiel, c’est à dire à héberger des essaims sans reine afin qu’ils en élèvent une : « C’est un enjeu important dans l’apiculture actuelle pour compenser les pertes. Depuis l’arrivée du varroa à la fin des années 80, le métier est devenu beaucoup plus technique. » Cet acarien parasite affaiblit beaucoup les abeilles et, ajouté aux pesticides et à l’invasion du frelon asiatique, cela oblige à « avoir des connaissances en biologie et en chimie. On est devenu plus des éleveurs. »

Propriétaire de 250 ruches qu’il exploite en bio, Nicolas Bouguet n’est apiculteur que depuis trois ans. Un changement de cap complet pour cet ancien éducateur de rue à Bordeaux qui avait déjà pensé utiliser sa passion pour les abeilles dans le cadre de son ancien métier : « On peut faire beaucoup de parallèles avec la société humaine. La société des abeilles est juste plus harmonieuse. » L’envie d’être indépendant l’a conduit à se lancer avec le minimum de ruches nécessaires pour obtenir des aides, soit 200. « On peut choisir de prendre moins de ruches et investir peu à peu avec le bénéfice. Mais pour cela, il faut avoir une autre source de revenus. » Il a préféré aller plus vite et acheter un matériel qui lui permet d’économiser ses efforts dans la manutention des ruches : « Le dos, c’est le danger pour les apiculteurs. » Avec une exploitation plus petite que la moyenne aquitaine, il « fait intensivement de l’apiculture extensive ».

La commercialisation directe, sur les marchés ou sur internet, et le travail sur les ruches, rendent les premiers beaux jours intenses, en attendant le creux hivernal, consacré à l’entretien. Mais il n’oublie pas son projet initial : une fois le seuil de rentabilité atteint, il souhaite utiliser son exploitation comme outil de réinsertion.