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Sciences : les idées reçues tombent

Un livre passe en revue les idées reçues sur la science.

Un livre passe en revue les idées reçues sur la science. Le livre Les scientifiques jouent-ils aux dés ? a  pour objectif de voir plus loin en interrogeant les relations sciences-société. Antoine Blanchard, l’un de ses auteurs, en a fait son métier. 

L’objectif d’Antoine Blanchard, « est de ramener les scientifiques vers la société ». Photo DR« La science n’a pas de limites » ou encore « Il faut toujours faire confiance aux experts ». Ce sont quelques-unes des idées reçues sur la science, animal mystérieux qui engendre presque spontanément ce genre d’affirmation. Le livre Les scientifiques jouent-ils aux dés ? les passe en revue pour leur tordre le cou : « L’objet du livre est non seulement de les remettre en question mais aussi de comprendre tout ce qui est sous-jacent. » Antoine Blanchard fait partie de la dizaine d’auteurs qui ont chacun pris une de ces idées à bras le corps pour décrypter leur sens. En élargissant le débat épistémologique : « Il s’agit de vulgariser les savoirs des sciences humaines et sociales sur les sciences dures. »

Casquette humaniste

Cette mission rejoint celle qu’il s’est donné en créant « Deuxième Labo » en 2009. Une société qui compte trois personnes et qui « accompagne tous ceux qui traitent des sciences vers une mise en société de leur savoir et de leur travail. On dit qu’il y a un déficit de connaissances scientifiques dans la société mais l’inverse est également vrai. Notre but est de ramener les scientifiques vers la société. » Pour ce faire, Deuxième Labo propose des actions de conseil, de culture scientifique, des formations auprès des chercheurs afin de leur « donner des espaces pour se poser des questions ». De faire en sorte que « les scientifiques qui sont de plus en plus spécialisés, puissent aussi mettre une casquette humaniste ». Le challenge économique est « de créer ce marché là, d’autant qu’on est un peu seul ».


Actions de médiation

Mais il trouve toujours à s’entourer, lui qui sort d’une école d’ingénieur agronome « où l’on ne nous apprenait qu’à être opérationnels ». Insatisfait de cette mécanisation du savoir, il poursuit par une formation en sociologie des sciences, « un vrai coup de foudre ». Il crée alors un blog en 2006 qui intègre le portail « Café des sciences », communauté de ceux qui, comme lui, se posent des questions sur les relations sciences-société. Il fait également partie du groupe Traces (Théories et réflexions sur l'apprendre, la communication et l'éducation scientifiques) qui travaille sur « l’état de l’art sur les relations sciences et société, et la rédaction d’un manifeste pour donner un sens nouveau aux actions de médiation scientifique ». Le livre émane de cette réflexion. Convaincu que les chercheurs n’ont plus la possibilité de clore les débats par leur savoir, Antoine Blanchard estime que « l’on ne peut plus traiter les choses d’un seul point de vue mais il faut intégrer toutes les disciplines ». Cela passe par une ouverture des scientifiques à autre chose que leur spécialité « même si c’est difficile car on leur demande déjà beaucoup. Ce ne sont pas des surhommes ». Et une autre idée reçue...

photo credit: Phil Grondin via photopin cc