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Trois expertises contre une levure

Enquête d’une demi-heure dont le coupable est cerné par trois sciences et quinze labos

Enquête d’une demi-heure dont le coupable est cerné par trois sciences et quinze labos

« Aaaah, c’est dégueu ! ». Tiphaine Martin n’a pas hésité à offrir une approche choc pour capter l’attention des lycéens dès le début de son atelier : à l’écran, des gros plans de mycose sur un pied ou dans la bouche, pour une demi-heure conçue comme une enquête façon « Les Experts ». Il faut trouver le coupable du côté des levures, ces champignons unicellulaires qui sont en fin de compte des résumés ultra-simplifiés de notre organisme. « Sur cinq de leurs génomes, trois sont pathogènes pour l’homme. Il faut comprendre le mécanisme qui déclenche la pathogénéité. » Et pour cela, un consortium de 15 labos européens, « Génolevures », s’est constitué dont l’INRIA est l’un des représentants français. En expliquant ce qui provoque « l’agressivité » d’une levure, on ouvre des pistes pour expliquer comment le génome humain, identique dans tout notre corps, se comporte différemment en fonction de son environnement et peut provoquer des maladies.

Son génome sous la main

Mais pourquoi donc allier les mathématiciens et les informaticiens de l’institut à cette quête biologique ? Car le séquençage du génome est avant tout une opération mathématique où il faut recoller les morceaux de l’ADN que l’on a découpé, seul moyen de l’analyser. « Avant, un biologiste passait sa vie sur un gène. Maintenant, on peut avoir un génome en un mois. » Et ce n’est pas fini. Si l’opération est encore longue et coûteuse, « dans 5 à 10 ans, ont pourra avoir le séquençage de notre génome pour 200 euros. Ça aidera à savoir quels sont les traitements qui vous sont les mieux adaptés. » Les levures n’ont qu’à bien se tenir.