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L’alphabet des rayonnements

Tout est radioactif. Reste à demeurer dans des proportions raisonnables, c’est à dire naturelles.

Tout est radioactif. Reste à demeurer dans des proportions raisonnables, c’est à dire naturelles.

« Nous sommes tous radioactifs : on contient du potassium, du carbone 14…  » Ludovic Mathieu s’attendait bien évidemment à la question sur la dangerosité de la radioactivité. Le chargé de recherches du CENBG n’est d’ailleurs pas gêné et ne cherche pas à minorer le danger mais il  relativise : « Plus on descend la dose, plus il est difficile de savoir si c’est dangereux : on peut mourir d’un cancer dans 20 ans à cause d’une irradiation et c’est difficile d’être certain de la cause. » Mais quoi qu’il en soit, le corps humain mesure tranquillement ses 8 000 becquerels, soit l’équivalent de 8 000 désintégrations atomiques à la seconde.

Alpha, bêta, gamma

Pour autant, toutes les radiations ne sont pas à craindre. Car lorsqu’un atome est désintégré, il produit trois types de rayonnements. Les rayons gamma traversent tout mais sont moins ionisants. D’ailleurs, détecteur en main, Ludovic Mathieu le prouve : 18 particules gamma à la seconde dans la pièce et c’est comme ça tout le temps. A l’opposé, il n’y a aucun rayonnement alpha et ce n’est pas plus mal car ce noyau d’hélium est nettement plus agressif. Il suffit d’approcher le détecteur d’un caillou d’uranium naturel pour qu’il s’affole.

Mais à cause de sa taille, une feuille de papier suffit à le bloquer. Même l’air ambiant le stoppe au bout de quelques mètres. Il n’y a qu’en l’ingérant, même par le nez, qu’il est potentiellement mortel. Le rayon bêta, de la taille d’un électron, est entre les deux. Pour s’en protéger, surtout des gamma, pas de miracle, plus la barrière est dense, plus elle est efficace : « Le mieux, c’est l’or. Ou alors les matériaux en ‘ium’ de la fin du tableau des éléments. Mais c’est trop cher. » Reste les deux issues les plus sûres : fuir, ou attendre que le rayonnement cesse. Soit de quelques jours pour certains éléments, à quelques centaines de milliers d’années. Soyons patients…