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Sibérie : terre d’accueil pour les Néandertaliens

Des vestiges caractéristiques de l’homme de Néandertal ont été trouvés tout près du cercle polaire arctique par une équipe internationale de chercheurs dont des Bordelais. Datés de 28 500 ans, ces restes sont postérieurs à la disparition théorique des Néandertaliens.

Sibérie : terre d’accueil pour les Néandertaliens

Des vestiges caractéristiques de l’homme de Néandertal ont été trouvés tout près du cercle polaire arctique par une équipe internationale de chercheurs dont des Bordelais. Datés de 28 500 ans, ces restes sont postérieurs à la disparition théorique des Néandertaliens.
Cette découverte publiée dans Science ce vendredi 13 mai pourrait révolutionner notre connaissance du paléolitique

Des outils moustériens ont été trouvés sur le site Byzovaya (Ludovic Slimak)Et si l'homme de Néandertal avait survécu bien plus longtemps qu'on ne le pense ? C'est l'une des hypothèses à laquelle conduit la découverte effectuée par Hugues Plisson, du laboratoire bordelais PACEA, avec une équipe franco-russo-norvégienne.

Le site russe de Byzovaya, au nord de l'Oural, à 170 kilomètres du cercle polaire, est connu depuis longtemps pour son trésor d'ossements de mammouths et d'outils. Mais ce que l'on n'avait jamais constaté, c'est que ces outils sont du pur moustérien, une technique de fabrication d'outils exclusivement néandertalienne.

« On connaissait ces outils depuis l'époque soviétique mais on les avait presque cachés car ils ne correspondaient pas au cadre de référence », explique Hugues Plisson. Ils sont incongrus pour deux raisons : jusqu'à présent, on supposait que l'homme de Néandertal n'était jamais allé aussi loin au nord, car on le croyait incapable de s'adapter à des conditions aussi difficiles. Mais surtout, ces outils datent d'il y a 28 500 ans. Or, l'homme de Néandertal se serait éteint il y a 40 000 ans dans la majeure partie de l'Europe, et au maximum 36 000 ans dans la péninsule ibérique.

Une adaptation à des conditions extrêmes

Les chercheurs Ludovic Slimak et Pavel Pavlov examinent une défense de mammouth du gisement de Byzovaya (Photo Hugues Plisson)A partir de ces éléments étonnants, deux hypothèses concurrentes s'imposent, publiées par Hugues Plisson et ses collègues dans le prestigieux magazine « Science » : « Soit l'homme de Néandertal a trouvé un refuge tardif très au nord » et aurait ainsi vécu au moins huit millénaires de plus que ce que l'on supposait. Accessoirement, il se serait donc adapté plus facilement aux conditions extrêmes qu'on ne le pense habituellement. Soit ces outils sont le fait d'Homo Sapiens mais alors, pour que celui-ci fasse du moustérien, cela implique que ceux installés à Byzovaya font partie d'une vague migratoire très antérieure à celles connues. Quelle que soit la réponse à l'énigme, elle remet en cause bien des certitudes acquises sur le paléolitique, d'autant plus que le gisement de Byzovaya est loin d'être le seul à proposer ces caractéristiques en Sibérie. Pour Hugues Plisson, « une telle découverte élargit la complexité et c'est salutaire. » Elle ne donne pas d'explication sur la fin de Néandertal mais « on est au début de quelque chose de nouveau. »